Skip to main content

Article Category

Actualités

Article available in the folowing languages:

Comment les chimpanzés conçoivent-ils la mort?

Une recherche révolutionnaire menée aux Pays-Bas offre de nouveaux renseignements sur le comportement d'une mère chimpanzé après la mort de son petit. Présentée dans la revue the American Journal of Primatology, l'étude révèle comment la maman chimpanzé adopte un comportement ...

Une recherche révolutionnaire menée aux Pays-Bas offre de nouveaux renseignements sur le comportement d'une mère chimpanzé après la mort de son petit. Présentée dans la revue the American Journal of Primatology, l'étude révèle comment la maman chimpanzé adopte un comportement quelque peu inhabituel envers un bébé chimpanzé vivant. Les découvertes offrent aux zoologistes des informations importantes sur la manière dont nos cousins primates conçoivent la mort. Des chercheurs de l'Institut Max Planck de psycholinguistique (MPI) ont découvert qu'à la mort d'un bébé chimpanzé, sa mère le dépose sur le sol et le surveille à distance ou appose ses doigts sur son cou. Le Dr Katherine Cronin et son équipe ont mené leurs recherches au Chimfunshi Wildlife Orphanage Trust, en Zambie, où l'on place des chimpanzés sauvages après les avoir sauvé du commerce illégal. Les chercheurs savent depuis longtemps que les mères chimpanzés ont un contact rapproché avec leurs enfants pendant de nombreuses années. Les jeunes enfants chimpanzés sont portés par leurs mères pendant deux ans, et elles s'en occupent jusqu'à quatre à six ans. Les experts expliquent que les liens solides entre la mère et l'enfant restent toujours aussi forts, même après le sevrage. Ils considèrent que cette relation est l'une des plus importantes dans la vie d'un chimpanzé. Le Dr Cronin et le doctorant Edwin Van Leeuwen ont suivi le comportement d'une femelle chimpanzé qui avait récemment perdu son bébé de 16 mois. La mère a porté le corps de l'enfant chimpanzé défunt pendant plus de 24 heures et l'a ensuite déposé sur le sol dans une clairière. Elle s'est approchée du corps à plusieurs reprises, et a posé sa main sur le visage et le cou de l'enfant pendant plusieurs secondes. Elle est ensuite restée à proximité du corps pendant près d'une heure, pour ensuite l'apporter au groupe de chimpanzés qui l'a examiné. La mère ne portait plus le corps de son enfant le jour suivant. Les chercheurs admettent qu'ils manquent cruellement d'informations sur les réactions des primates quant à la mort d'un proche parent. Ils ne disposent également que de très peu d'informations sur la façon dont les chimpanzés font leur deuil. Les chercheurs du MPI pensent qu'ils sont parvenus à montrer une période transitionnelle à partir du moment où la mère chimpanzé apprend le décès de son enfant. Ils évitent d'interpréter ce qu'ils ont observé, mais offrent cependant aux spectateurs une longue vidéo montrant un lien direct avec le comportement de la mère, leur donnant la possibilité de tirer eux-mêmes leurs conclusions sur ce qu'un chimpanzé comprend de la mort. «Ces vidéos sont extrêmement précieuses, car elles nous obligent à ne plus imaginer ce qui se passe dans les esprits des primates», explique le Dr Cronin. «Qu'un spectateur décide que le chimpanzé est en deuil ou simplement qu'il examine le cadavre par curiosité n'est pas aussi important que lorsque les individus prennent le temps de considérer les possibilités. Ces données contribuent à un corpus de données encore limité mais en pleine expansion sur les réactions des primates non humains concernant la mort. Nous espérons que ces informations objectives s'accumuleront et permettront enfin aux chercheurs d'adopter une vision générale de l'étendue de la compréhension des primates non humains de la mort et de leur façon de réagir face à elle.» Pour sa part, le co-auteur Mark Bodamer de la Gonzaga University aux États-Unis explique: «Le site de Chimfunshi offre une excellente opportunité de réaliser des études d'observation comportementale sur les chimpanzés vivant dans des groupes sociaux où se mélangent les âges dans des conditions naturelles dans l'une des plus grandes réserves au monde, ce qui constitue l'état le plus proche à l'état sauvage. Il nous fallait du temps et les bonnes conditions pour enregistrer et analyser la réaction des chimpanzés face à la mort, et pour comprendre que ce comportement révèle des similitudes remarquables à l'homme.» Les chercheurs expliquent que leurs travaux complètent des observations antérieures et apportent un nouvel éclairage sur la façon dont les chimpanzés comprennent la mortalité.Pour de plus amples informations, consulter: Institut Max Planck de psycholinguistique: http://www.mpi.nl/ American Journal of Primatology (AJP): http://onlinelibrary.wiley.com/journal/10.1002/%28ISSN%291098-2345

Pays

Pays-Bas, États-Unis

Articles connexes