Les écosystèmes côtiers abritent une population croissante de méduses
La première étude sur l'abondance des méduses montre que ces créatures sont en nombre croissant dans de nombreux écosystèmes marins du monde entier, tels que les bassins hydrographiques et les estuaires, les frontières au large des plateaux continentaux et des courants côtiers. Présentée dans la revue Hydrobiologia, l'étude britanno-canadienne a étudié plusieurs espèces de méduses pour 45 des 66 écosystèmes marins, démontrant que l'on trouve un nombre croissant de ces créatures en Méditerranée, dans la mer Noire, en Asie orientale, sur les plateaux continentaux du Nord-est des États-Unis, à Hawaï et en Antarctique. Des scientifiques de l'université de Colombie britannique au Canada et de l'Université d'East Anglia au Royaume-Uni ont stratifié les données des principaux écosystèmes marins pour étudier et comparer les changements dans les populations de méduses. «Il existe des preuves anecdotiques que les méduses sont en augmentation ces dernières années», explique l'auteur Lucas Brotz, un doctorant de l'université canadienne. «Mais aucune étude d'envergure mondiale n'a jamais collecté toutes les données existantes. La nôtre confirme ces observations scientifiquement après l'analyse des informations disponibles depuis 1950 et jusqu'à aujourd'hui pour plus de 138 différentes populations de méduses dans le monde entier.» Bien qu'elles ne se déplacent que dans la direction du courant, les méduses ont un impact direct sur les activités humaines. Elles piquent les nageurs, bouchent les tuyaux d'adduction des usines et perturbent les pêcheurs. Mais certaines espèces de méduses sont une source d'aliments dans de nombreuses régions du monde. «En associant les données scientifiques publiées à d'autres données et observations non publiées, nous pouvons réellement donner à cette étude une dimension mondiale et offrir les meilleures estimations scientifiques d'un phénomène largement débattu», commente Daniel Pauly, professeur à l'université de Colombie britannique et auteur de l'étude. «Nous pouvons aussi voir que les endroits où la population de méduses augmente sont souvent très influencés par les actions de l'homme, par la pollution, la surpêche et les eaux de réchauffement.» Selon le professeur Pauly, le renforcement des activités humaines dans les habitats marins contribueraient à l'augmentation anecdotique de l'abondance de méduses. Cette étude offre aux chercheurs une base solide pour de futures études. Les résultats ont également identifié une réduction dans l'abondance des méduses dans 7% des régions côtières. L'équipe n'a observé aucune tendance évidente pour le reste des écosystèmes marins. «Cette étude représente la première démonstration solide que les populations de méduses augmenteraient dans les écosystèmes côtiers du monde entier, comme on le pensait déjà auparavant», commentent les auteurs. «Sur les 45 écosystèmes marins inclus dans notre analyse, 28 (62%) ont montré une tendance à l'augmentation, alors que 3 (7%) ont montré un déclin. Les 14 écosystèmes restants, soit 31%, ont été catégorisés comme stables/variables, sans aucune tendance majeure. Ces résultats montrent que bien que l'augmentation des méduses n'est pas universelle, ces dernières sont nombreuses et bien répandues.» D'après les chercheurs, il est important de mieux comprendre les populations de méduses, notamment car elles «semblent constituer l'un des quelques groupes d'organismes bénéficiant des impacts anthropogéniques continus sur la biosphère mondiale».Pour de plus amples informations, consulter: Université de Colombie britannique: http://www.ubc.ca/(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre) Université d'East Anglia: http://www.uea.ac.uk/(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre) Hydrobiologia: http://www.springer.com/life+sciences/ecology/journal/10750(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)
Pays
Canada, Royaume-Uni