L'harmonie engendre une interprétation musicale de qualité
L'action coordonnée est fondamentale pour les interactions sociales. Une équipe internationale de scientifiques a conclu que la qualité d'une interprétation musicale progresse avec celle des communications sensori-motrices non verbales entre le chef d'orchestre et les interprètes. Les résultats ont été présentés dans la revue PLoS ONE, et l'étude a été soutenue en partie par deux projets financés par l'UE, SIEMPRE («Social interaction and entertainment using music performance experimentation») et POETICON («The poetics of everyday life: grounding resources and mechanisms for artificial agents»). Tous deux ont été financé dans le cadre du thème «Technologie de l'information et de la communication» (TIC) du septième programme-cadre (7e PC) de l'UE, respectivement pour près de 2 millions et plus de 3 millions d'euros. Sous la conduite de l'université de Ferrara et de l'Instituto Italiano de Tecnologia (IIT) en Italie, des chercheurs de France, d'Italie, de Turquie et des États-Unis ont étudié la cinématique de chefs d'orchestre et de violonistes en observant les baguettes et les archets durant l'interprétation d'une pièce de Mozart. Ils ont constaté que l'interprétation était d'autant meilleure que les mouvements du chef d'orchestre et des musiciens étaient mieux coordonnés. Cette coordination reflète les qualités de direction du chef d'orchestre. Ainsi, l'orchestre suivra de plus près un chef plus charismatique, ce qui améliore l'interprétation musicale. «L'appréciation esthétique est une capacité humaine extrêmement étonnante, et l'un des aspects les plus intangibles de la cognition de haut niveau», écrivent les auteurs de l'article. «L'exploration des règles gouvernant cette capacité peut être d'un grand intérêt pour les neurosciences. De fait, les arts pourraient être une méthode très utile pour étudier les mécanismes du cerveau car comme l'affirment Zeki et Lamb, 'les artistes [visuels] explorent à leur insu l'organisation du cerveau visuel à l'aide de techniques qui leur sont propres'. Dans ce contexte, la musique pourrait ouvrir une fenêtre sur un processus d'intégration complexe du cerveau.» D'un côté, un compositeur peut explorer des processus visuels et spatiaux complexes, comme Bach dans ses canons de l'Offrande musicale, de l'autre une interprétation musicale en direct peut s'adresser aux capacités d'intégration sensori-motrices de l'auditeur, et affecter les processus d'interaction entre les musiciens. Cette étude contribue notablement au corpus croissant de travaux qui considèrent les musiciens comme un modèle pour étudier l'organisation et la plasticité du cerveau sensori-moteur. «Ici, nous avons utilisé les musiciens comme modèle pour montrer le niveau que peut atteindre la communication sensori-motrice à partir d'une coordination efficace des gestes», déclarent les chercheurs. «Dans l'expérience, chaque musicien dispose de sa partition, connaît bien les pièces qu'il joue, et peut voir et entendre ce que font les autres interprètes. Cependant, le violoniste doit en même temps suivre le chef d'orchestre, [qui] fournit des informations essentielles pour l'interprétation d'une phrase donnée. Par conséquent, chaque musicien doit bâtir un modèle efficace d'attentes concernant plusieurs sources d'informations qu'il intègre pour arriver à l'interprétation voulue.» Cette étude a donc pu quantifier les modèles de communication non-verbale entre les musiciens et le chef d'orchestre, susceptibles d'affecter le concept plutôt intangible de qualité esthétique de la musique.Pour plus d'informations, consulter: Université de Ferrara: http://www.unife.it/unife-en(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre) Instituto Italiano de Tecnologia (ITT): http://www.iit.it/(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre) PLoS ONE: http://www.plosone.org/home.action(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)
Pays
Italie