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Exploiter l’héritage de SIMSEA pour résoudre les mystères de la mer Noire

Le projet SIMSEA, financé par l’UE et supervisé par le Centre commun de recherche (CCR) de la Commission européenne, a travaillé à la création d’un modèle d’écosystème avancé sur la base de celui, complexe, de la mer Noire, qui peut être utilisé pour générer des simulations de base et de premier scénario, et pour envisager différentes options politiques et hypothèses de changement climatique. Bien que le projet ait officiellement pris fin en 2017, le CCR a continué à développer et à faire progresser ses outils de modélisation au cours des années qui ont suivi.

Changement climatique et Environnement
Alimentation et Ressources naturelles

La mise en œuvre de modèles d’écosystèmes pour toutes les mers régionales européennes a été entreprise par le Centre commun de recherche (CCR), mais la mer Noire s’est avérée particulièrement problématique. «Pendant plusieurs années, l’hydrodynamique complexe de la mer Noire a fait échouer nos efforts et a même entraîné l’insuccès d’une étude de doctorat», explique Adolf Stips, du CCR, actuellement responsable de la modélisation marine. «Finalement, nous sommes parvenus à mettre en œuvre d’abord le modèle hydrodynamique de la mer Noire et ensuite son modèle biogéochimique, en incluant les espèces de méduses envahissantes et en complétant ainsi nos outils européens de modélisation marine globale.»

S’appuyer sur le modèle SIMSEA

Le projet SIMSEA (Scenario simulations of the changing Black Sea ecosystem) lui-même consistait en une bourse individuelle Marie Skłodowska-Curie accordée à la chercheuse bulgare Svetla Miladinova, qui s’est révélée être un ajout précieux à l’équipe de modélisation du CCR. «Lorsque j’ai rejoint SIMSEA, les trois personnes de l’équipe se sont montrées fantastiques, elles m’ont aidée à lancer les recherches et ont été là pour me guider tout au long du projet», explique-t-elle. «Et en raison de son succès, j’ai continué à travailler en étroite collaboration avec elles.» Svetla Miladinova s’intéresse principalement au devenir des polluants et à la propagation des débris flottants dans la mer Noire. «Les études en cours s’appuient résolument sur ce que nous avons réalisé dans le cadre de SIMSEA et cela devrait me tenir occupée dans un avenir proche.» Ces nouvelles études ont notamment été rendues possibles grâce à l’extension du modèle SIMSEA à partir d’outils capables de simuler le transport des déchets flottants marins, ainsi que l’advection et la diffusion des contaminants, qui pénètrent généralement dans la mer par les rivières.

Un impact politique plus large

L’héritage de SIMSEA est également utilisé d’un point de vue politique. Adolf Stips et son équipe apportent actuellement leur soutien à la DG Environnement de la Commission européenne en utilisant des outils de modélisation des eaux douces et marines pour surveiller le processus de mise en œuvre des politiques, évaluer les mesures proposées par les États membres de l’UE et fournir des conseils scientifiques pour toutes les mers régionales d’Europe. «En ce qui concerne la mer Noire en particulier, nous venons de signer un important contrat avec la DG Environnement qui soutiendra notre travail dans cette région jusqu’en 2023», commente Adolf Stips. Toutefois, malgré tous ses travaux récents, Adolf Stips admet que la mer Noire, comparée aux autres mers régionales (Baltique et Nord), est clairement beaucoup moins connue et étudiée, de sorte qu’il existe encore de nombreuses options pour approfondir certaines recherches. Le CCR entend toutefois mettre principalement l’accent sur des questions scientifiques présentant un intérêt politique, telles que les proliférations d’algues, les déchets marins, les contaminants et la surpêche. «Enfin, nous venons de commencer à travailler au développement et à la mise en œuvre d’un nouveau modèle du réseau alimentaire de la mer Noire incluant les poissons, les tortues, les dauphins et les oiseaux de mer, qui est intrinsèquement couplé au modèle biogéochimique que nous avons initialement développé dans le cadre de SIMSEA», conclut Adolf Stips. Ainsi, si la mer Noire continue effectivement à cacher de nombreux mystères dans ses sombres profondeurs, les travaux scientifiques d’Adolf Stips, de Svetla Miladinova et de leurs collègues du CCR contribueront sans aucun doute à les dévoiler et à améliorer notre compréhension de l’une des mers les plus importantes d’Europe.

Mots‑clés

SIMSEA, mer Noire, écosystème, envahissant, espèce, polluants, déchets marins, contaminants