Skip to main content

Article Category

Article available in the folowing languages:

Un nouveau traitement de la maladie inflammatoire chronique de l’intestin cible des cellules immunitaires aberrantes

Un changement conformationnel des protéines de surface des leucocytes à l’origine de l’inflammation intestinale a fourni aux chercheurs une manière de cibler ces cellules avec des produits thérapeutiques à base de nanoparticules lipidiques.

Santé

La maladie inflammatoire chronique de l’intestin (MICI) est une maladie invalidante où le système immunitaire attaque les intestins. Elle concerne 3 millions de personnes dans toute l’Europe, les coûts directs des soins de santé s’élevant à plus de 5,6 milliards d’euros. Le projet LeukoTheranostics, financé par l’UE, a conçu un traitement de preuve de concept pour la MICI en dopant des nanoparticules lipidiques avec des protéines extraordinairement spécifiques qui ciblent uniquement les cellules immunitaires provoquant activement l’inflammation. «Cette approche permet d’ajuster un traitement ciblé avec bien moins d’effets indésirables, ainsi que de surveiller la maladie et de manipuler des cellules spécifiques au sein du système immunitaire», explique Dan Peer, chercheur du projet et directeur du Laboratoire de nanomédecine de précision à l’Université de Tel-Aviv.

Une action préventive

Lors des poussées de la MICI, des leucocytes de tout l’organisme se déplacent jusqu’aux intestins et libèrent des cytokines, déclenchant ainsi une inflammation locale. «La conformation de leurs protéines de surface passe d’une forme passive à active, ce qui constitue un changement structurel très profond», explique Dan Peer. En travaillant avec des souris, son équipe a démontré que ces cellules activées, représentant un sixième du total de la population, peuvent être ciblées par un changement conformationnel de la protéine intégrine a4b7, offrant un niveau de spécificité jamais atteint auparavant. Une fois que les nanoparticules lipidiques arrivent aux leucocytes, elles peuvent administrer un traitement thérapeutique comme une thérapie génique à base d’ARNm qui désactive l’action de guidage des leucocytes et interrompt la libération de cytokines. C’est alors que ce processus maîtrise la réponse immunitaire dysfonctionnelle. La spécificité de ce système signifie que les leucocytes qui ne participent pas à l’inflammation ne seront pas affectés par le traitement, ce qui réduit la dose nécessaire et les effets secondaires.

Suivi de la maladie

Le projet LeukoTheranostics a également montré qu’en fixant un radionucléotide à la surface de la nanoparticule lipidique, il était possible de suivre l’évolution de la maladie à l’aide d’un scanner TEP/TDM miniaturisé. Cela rend non seulement la réponse immunitaire directement visible, en montrant où se rassemblent les leucocytes activés, mais leur a également permis d’observer l’administration du traitement en temps réel. Traduit à la pratique clinique, ce processus permettrait aux médecins de moins dépendre d’outils de diagnostic invasifs, tels que des colonoscopies, qui s’avèrent inconfortables pour le patient ainsi que coûteux et chronophages. Le laboratoire de Dan Peer a démontré précédemment que les nanoparticules lipidiques pourraient servir à administrer des thérapies géniques à base d’ARNm, une technique utilisée actuellement par les entreprises pharmaceutiques afin de créer des vaccins pour la COVID-19. Les travaux menés dans le cadre de LeukoTheranostics ont été soutenus par le Conseil européen de la recherche (CER). «La subvention du CER est une ressource très importante, car il s’agit de recherches très coûteuses», signale-t-il. «Nous disposons d’un système sophistiqué, à la fois en ce qui concerne les lipides synthétisés et les anticorps générés, qui nécessitent un ensemble de compétences très onéreux.» Il explique que le financement a permis d’embaucher un personnel qualifié et d’obtenir un équipement d’imagerie, comme le microscanner TEP/TDM, une première pour l’Université de Tel-Aviv. Dan Peer et son équipe envisagent maintenant de faire avancer leur traitement de la MICI à base de nanoparticules vers les essais cliniques, et il explique que le système pourrait également servir à traiter d’autres maladies, comme le cancer: «Tout ce que nous avons utilisé pour surveiller le statut immunitaire montre que notre système thérapeutique semble être sûr.»

Mots‑clés

LeukoTheranostics, maladie inflammatoire de l’intestin, MICI, conformationnel, changement, protéine, spécifique, nanoparticule lipidique

Découvrir d’autres articles du même domaine d’application