Skip to main content

Article Category

Article à la une

Article available in the folowing languages:

En vedette - Fusionner les mondes virtuel et numérique

L'intégration de capteurs et d'actionneurs dans notre vie de tous les jours, de nos foyers à nos chaussures et tasses de café promet de faciliter nos vies, et de les rendre plus sûres et efficaces. Mais une intelligence ambiante semblable nécessite une fusion des mondes virtuel et numérique. Les chercheurs de l'UE du projet Sensei tentent de combler cet écart et leurs résultats favorisent la création de «villes intelligentes» dans toute l'Europe.

Économie numérique

De nos jours, il est possible de contrôler la température dans nos foyers de manière automatique et à distance, d'obtenir des offres spéciales de nos magasins préférés en fonction de notre emplacement et de nos intérêts, et de savoir si notre grand-mère est en bonne santé grâce au système de suivi à distance de son médecin. Le monde de «l'intelligence ambiante», une technologie imperceptible nous assistant dans nos tâches quotidiennes, offre à tous de nombreux avantages. Mais faire de cette vision une réalité est une véritable gageure. D'une part, les capteurs et actionneurs doivent être invisibles et pouvoir fonctionner de manière autonome. Pour ne pas constituer une gêne plutôt qu'une aide, la technologie se doit d'être transparente pour l'utilisateur final. D'autre part, les systèmes exploitant l'intelligence ambiante doivent pouvoir gérer d'énormes quantités de données de qualité variable. Ils doivent pouvoir les stocker, les déplacer, les former et les rendre utiles pour les plateformes de services. De plus, ces services doivent être mis à disposition des utilisateurs de manière simple et intuitive, que ce soit sur des tableaux d'affichage, des écrans de télévision, des téléphones intelligents ou tout autre interface homme/machine dont sont équipés les bâtiments, véhicules et vêtements. Les travaux du projet Sensei («Integrating the physical with the digital world of the network of the future») financé par l'UE ont permis de rapprocher l'Europe et le monde d'une intelligence ambiante en plein essor. En tant que coordinateur du projet, le Dr Laurent Hérault, responsable des laboratoires de télécommunications sans fil et de sécurité au CEA-Leti de Grenoble, en France, a supervisé une équipe de chercheurs de 19 entreprises, universités et institutions de recherche qui a tenté d'aborder de manière intégrale les défis impliqués. Une série de projets de suivi permettront aux résidents de certaines villes d'Europe d'expérimenter de manière pratique les avantages de cette initiative dans les années à venir. «Aujourd'hui, le monde d'Internet est un monde virtuel de données principalement stockées et accessibles via divers serveurs», explique le Dr Hérault. À l'avenir, l'Internet des objets permettra de numériser perpétuellement une multitude d'objets du monde physique et réel: dans de nombreuses situations, nous ne ferons plus de requête de données sur de simples serveurs web, mais nous interrogerons des capteurs intégrés dans des objets de la vie quotidienne pour des données. «Nous devons comprendre comment parvenir à interconnecter le monde réel au monde virtuel.» Aussi simple que le «plug and play» L'accomplissement principal de Sensei a été le développement d'une architecture générale échelonnable permettant l'incorporation d'un nouveau capteur, d'un actionneur ou d'une interface dans un réseau aussi simple que le principe «plug and play». Elle constitue un pont entre les modes virtuel et réel dans le futur Internet des objets, gérant les interconnexions entre les différentes technologies, gérant les informations et permettant l'accès à des services tout en assurant que la sécurité, la confiance et la confidentialité sont préservées. Une interface de services ouverts utilisant les informations sémantiques pour traiter les données signifie que les informations sont accessibles et comprises par l'homme et la machine. «Vous serez en mesure de demander, par exemple, 'Quelle est la température à Oxford Street?' et le système décordera l'information sémantique, accèdera aux réseaux de capteurs sur Oxford Street régissant la température, vérifiera la fiabilité de chaque réseau par rapport à la qualité de l'information et vous renverra la réponse», explique le Dr Hérault. Dans l'architecture Sensei, chaque réseau d'actionneurs et de capteurs est conçu comme une «île» qui, par une interface de logiciel intermédiaire, peut être connecté au système général et peut publier des données indépendamment des technologies employées ou du type d'informations. Par «île», on entend une habitation, un arrêt de bus, une voiture ou votre réseau personnel de vêtements et appareils mobiles intelligents. Du point de vue de la sécurité et de la confidentialité, chaque utilisateur est en mesure de contrôler le type d'informations qu'il veut partager et avec qui. Les partenaires du projet ont également abordé un autre problème important exigeant une solution si les actionneurs et capteurs doivent être intégrés partout: l'énergie. «Si nous voulons déployer des milliards de capteurs et actionneurs interconnectés sans fil, l'impact en termes de consommation énergétique et d'empreinte du carbone sera également considérable. Il est donc important de développer des capteurs et actionneurs capables d'extraire l'énergie de leur environnement et de communiquer en n'utilisant qu'une faible consommation énergétique», poursuit le Dr Hérault. Tout près de chez vous... Des capteurs efficaces, fonctionnant dans l'architecture Sensei et associés à une technologie développée dans un projet financé par l'UE parallèle, Wisebed («Wireless sensor network testbeds»), feront très prochainement leur entrée dans le monde réel. Dans le cadre de l'initiative «SmartSantander», un projet de suivi de Sensei, 12\;000 appareils sont déployés dans la ville espagnole de Santander pendant cette année. Lors d'une première mise en place, ils surveilleront les places de parking disponibles pour prévenir les conducteurs si des places sont disponibles, permettant ainsi de fluidifier le trafic en ville et de réduire la pollution. SmartSantander a gagné le prix du Best Future Internet Award du réseau CeFIMS («Coordination of the European Future Internet Forum of Member States») financé par l'UE lors de l'Assemblée de l'Internet du futur tenu à Budapest en mai dernier. «SmartSantander commencera à apporter des bénéfices tangibles aux habitants dans les mois à venir, et servira de banc d'essai pour les chercheurs de l'Internet du futur afin qu'ils puissent réaliser des expériences; ce projet fera de Santander l'une des premières villes intelligentes d'Europe», explique le Dr Hérault. Mais elle ne sera pas la seule. Un autre projet issu de Sensei, appelé «Outsmart», financé dans le cadre du «'partenariat public/privé de l'Internet du futur» de l'UE, étendra le déploiement d'installations similaires aux villes de Berlin, Birmingham, Aarhus et Trente, entre autres. Dans le cadre du projet, les réseaux de capteurs et d'actionneurs seront installés à Santander pour offrir un éclairage de rue intelligent en ville en réduisant les lumières pour économiser de l'énergie en l'absence de passants par exemple, et en les allumant lorsqu'un accident ou une activité est détectée. À Aarhus, l'objectif sera de rassembler des données sur les infrastructures d'égouts et d'approvisionnement en eau et d'utiliser ces informations de manière intelligente et autonome. À Berlin, les partenaires travaillent sur le développement de paniers de déchets intelligents pour optimiser la gestion des déchets. Les partenaires de Trente se concentrent surtout sur la gestion intelligente de l'eau afin d'améliorer l'utilisation de l'eau pour la consommation et la production d'eau dans les régions montagneuses. Dans le cas de Birmingham, les infrastructures et services de transport, dont les tramways, bus, routes, pistes cyclables et trottoirs, seront optimisés pour une transition souple entre les différents modes de transport, pour une meilleure efficacité et un gain de temps. Parallèlement à tous ces nouveaux projets, plusieurs partenaires du consortium Sensei, dont Ericsson, SAP, Thales, NEC, Telenor et Telefónica, tendent d'intégrer les travaux de recherche du projet dans de futurs projets commerciaux. Ericsson, par exemple, déploie un système de surveillance et de détection appelé Ekobus dans le système de transports en commun de Belgrade. «Pour eux, l'Internet du futur est très important», fait remarque le Dr Hérault. «Sensei est un projet phare en Europe dans le domaine de l'Internet des objets, et a donné naissance à de nouveaux projets et initiatives qui apporteront un réel avantage aux citoyens du monde réel.» Sensei a reçu 14,98 millions d'euros (sur un budget total de 23,17 millions d'euros) au titre du programme «The network of the future» du septième programme-cadre (7e PC) de l'UE. Liens utiles: - Projet «Integrating the physical with the digital world of the network of the future» - Archives des données du projet Sensei sur CORDIS - Projet «Wireless sensor network testbeds» - Archives des données du projet Wisebed sur CORDIS Articles connexes: - Un modèle d'architecture Internet innovant - Les Européens facilitent les communications par les appareils intelligents - The Network of Everything, uniquement disponible en anglais - Ambient intelligence: snowboarding to the new frontier, uniquement disponible en anglais