Skip to main content

Article Category

Article available in the folowing languages:

Traiter les infections fongiques opportunistes

Lorsqu'une personne est atteinte du sida ou est soumise à une chimiothérapie, son système immunitaire s'affaiblit et est très vulnérable, plus particulièrement aux champignons pharmacorésistants. La plupart des médicaments antifongiques sont gravement toxiques, aussi constate-t-on chaque année un déficit important d'une valeur de 4 milliards de dollars dans le marché mondial.

Santé

Comprendre la base génétique de la prédisposition à certaines maladies et de la pharmacorésistance est essentiel pour combattre l'incidence croissante de résistance aux médicaments et de réactions allergiques. Le projet multidisciplinaire SYBARIS , financé par l'UE, part de l'idée que le sort d'une maladie fongique se base sur l'interaction des éléments de la pharmacorésistance. Les relations biochimiques complexes entre l'hôte et le pathogène sont d'ailleurs un aspect important. Des patients atteints d'infections fongiques ainsi qu'un groupe de contrôle en plus d'une collection de champignons pharmacorésistants aux médicaments antifongiques ont permis d'établir des profils génétiques. Les champignons utilisés étaient des pathogènes bien connus, à savoir Candida albicans (qui provoque le muguet) et Aspergillus fumigatus, ainsi que Saccharomyces cerevisiae, une espèce de levure qui ne provoque aucune maladie en temps normal. L'équipe de SYBARIS a comparé les antécédents génétiques du groupe de l'étude pour déterminer comment un non pathogène comme S.cerevisiae peut devenir pathogène chez certaines personnes. Une étude complémentaire portant sur des couches fongiques responsables d'allergies a également été entreprise. Un nouveau système de gestion des données a contribué à identifier les gènes et les voies responsables de la pharmacorésistance et de la prédisposition ainsi qu'une liste de biomarqueurs de résistances aux médicaments antimicrobiens. En incorporant les résultats d'une étude d'association pangénomique dans des modèles de biologie des systèmes, les chercheurs ont pu déterminer les impacts la thérapie antifongique sur le système immunitaire. Pour sélectionner de nouveaux composants, l'équipe du projet a testé un ensemble de peptidomimétiques innovants qui démontrent une action antifongique et une faible toxicité sur les souches de C. albicans et d'Aspergillus. En reproduisant les molécules de l'espèce fongique, les petites protéines interfèrent avec la biochimie fondamentale pour stopper son développement et éliminer l'infection. Les champignons ont élaboré des méthodes permettant d'empêcher l'immunoréaction. Tester des cellules de patients comme les cellules dendritiques a permis de révéler si le champignon traité était mieux reconnu par le système immunitaire. Ainsi, trois composants ont été sélectionnés pour être développés et inclus dans des essais cliniques. Les résultats de SYBARIS ont été publiés dans 41 revues scientifiques et ont été largement diffusés sur le site web du projet, ainsi qu'au cours d'ateliers et de conférences. L'initiative SYBARIS a fait progresser la recherche sur les médicaments antimicrobiens dans le cas de maladies infectieuses et sur l'immunologie en Europe. Elle a contribué ainsi à établir le potentiel de développement de traitements innovants et de stratégies pour combattre les infections fongiques chez les patients immunodéprimés.

Mots‑clés

Champignons, pharmacorésistance, immunodéprimé, patients, maladie allergique, gène de résistance

Découvrir d’autres articles du même domaine d’application