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Socio-spatial inequality, deprived neighbourhoods, and neighbourhood effects

Informations projet

N° de convention de subvention: 615159

État

Projet clôturé

  • Date de début

    1 Août 2014

  • Date de fin

    31 Juillet 2019

Financé au titre de:

FP7-IDEAS-ERC

  • Budget total:

    € 1 996 506

  • Contribution de l’UE

    € 1 996 506

Institution d'accueil:

TECHNISCHE UNIVERSITEIT DELFT

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Mythe ou réalité? Faire la lumière sur l’effet quartier

Une croyance populaire suggère que le fait de concentrer des personnes démunies dans la même zone et de les isoler des quartiers plus riches aggrave en réalité leur situation. Afin d’étudier cette hypothèse, le projet DEPRIVEDHOODS a utilisé de nouvelles approches.

Société
© I Wei Huang, Shutterstock

De nombreux facteurs influencent notre trajet de vie et, finalement, nous définissent. Parmi ces facteurs se trouvent les parents, les amis, l’école, le parcours professionnel et même l’endroit où nous habitons. Ce dernier est en effet un concept à lui seul en sciences sociales et en économie, couramment appelé «l’effet quartier». Cet effet suggère notamment que le fait de vivre dans une zone à concentration élevée de pauvreté a des conséquences négatives sur les résultats scolaires des enfants et sur leurs revenus futurs à l’âge adulte. En d’autres termes, les zones défavorisées engendrent des personnes défavorisées. Cette manière de penser a largement influencé l’élaboration de politiques, renforçant cette croyance. Or, est-ce que cette hypothèse est réellement fiable? «Étonnamment, il existe peu de preuves confirmant que vivre dans des quartiers plus défavorisés influence réellement la vie des personnes. Les recherches ont tendance à se concentrer sur la manière dont les quartiers au taux de pauvreté élevé influencent les résultats individuels, tels que les revenus. Mais, qu’en est-il de l’inverse? Les revenus d’une personne déterminent également l’endroit où il habite. Le problème réside ici sur l’identification de la direction réelle des liens de causalité», explique Maarten van Ham, titulaire d’une bourse du CER et professeur de géographie urbaine à l’Université de technologie de Delft. Le projet DEPRIVEDHOODS (Socio-spatial inequality, deprived neighbourhoods, and neighbourhood effects) avait pour ambition de surmonter ce problème. Pour y parvenir, le professeur van Ham et son équipe ont étudié le long passé des quartiers à travers un grand nombre de personnes, de leur naissance à l’âge adulte. Ils ont étudié l’effet quartier chez des fratries et, finalement, ont conçu une méthode qui crée des modèles indiquant quelles personnes emménagent dans quelles zones ou quels quartiers avant de modéliser les effets quartier réels. «Les résultats du projet montrent que l’effet quartier sur les revenus est biaisé vers le haut par l’influence du contexte familial pendant l’enfance. En fin de compte, nous avons conclu que les expériences de quartier à l’âge adulte illustrent un effet quartier sur les revenus, mais que l’effet quartier pendant l’enfance est essentiellement un effet du contexte familial sur l’enfance. Nous avons découvert qu’il existe un impact durable du contexte familial sur les revenus plus tard dans la vie, et que cet effet est marqué en dépit du parcours de quartier individuel entrepris plus tard dans la vie», explique le professeur van Ham. En résumé, même si les effets quartier sont habituellement faibles, ils sont significatifs pour les enfants et continuent de les influencer tout au long de leur vie. Ce phénomène est encore plus important chez les minorités ethniques, selon le professeur van Ham. Le projet fournit deux perspectives supplémentaires à cette question. La première suggère que la ségrégation socioéconomique est à la hausse dans les villes européennes et que l’augmentation du niveau de ségrégation est accompagnée de l’augmentation du niveau d’inégalité. Enfin, l’équipe a découvert que ce phénomène devrait être perçu comme doté de nombreuses dimensions et échelles. «La ségrégation par revenus ou par origine ethnique a lieu non seulement dans des quartiers résidentiels, mais également au sein des écoles, des lieux de travail et des centres de loisirs. Les ségrégations observées dans chacun de ces domaines sont interconnectées», explique le professeur van Ham. «La ségrégation est également à échelles multiples, car elle se produit dans tout un éventail d’échelles spatiales, allant des microrégions à des zones urbaines plus vastes. Afin de comprendre l’impact de la ségrégation sur les personnes, il s’avère donc essentiel d’adopter une perspective à échelle multiple.» Le projet financé par le CER a attiré l’attention des médias et des décideurs politiques. Il a permis de sensibiliser à l’augmentation du niveau de ségrégation socioéconomique et à ses effets sur les personnes. Plus important encore, il s’agit d’une leçon fondamentale pour les décideurs politiques. «Il existe désormais une prise de conscience plus importante sur le fait que la création de quartiers mixtes n’est pas une solution miracle aux problèmes sociaux. Cela aide à améliorer ces zones, mais n’arrive pas réellement à faire avancer la vie de ses habitants. À long terme, cependant, les quartiers mixtes peuvent également bénéficier aux personnes des zones défavorisées», conclut le professeur van Ham.

Mots‑clés

DEPRIVEDHOODS, pauvreté, effet quartier, concentration

Informations projet

N° de convention de subvention: 615159

État

Projet clôturé

  • Date de début

    1 Août 2014

  • Date de fin

    31 Juillet 2019

Financé au titre de:

FP7-IDEAS-ERC

  • Budget total:

    € 1 996 506

  • Contribution de l’UE

    € 1 996 506

Institution d'accueil:

TECHNISCHE UNIVERSITEIT DELFT

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