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Romano Prodi entame un examen de la politique industrielle dans l'optique de l'élargissement

Le Président de la Commission, Romano Prodi, a adressé un avertissement aux politiques et aux chefs d'entreprise européens pour qu'ils ne fassent pas barrage aux transformations industrielles qu'entraînera l'élargissement, mais qu'ils y réagissent par une analyse de leur polit...

Le Président de la Commission, Romano Prodi, a adressé un avertissement aux politiques et aux chefs d'entreprise européens pour qu'ils ne fassent pas barrage aux transformations industrielles qu'entraînera l'élargissement, mais qu'ils y réagissent par une analyse de leur politique. Lors de l'ouverture de la conférence sur la politique industrielle dans une Europe élargie, qui s'est tenue le 21 janvier à Bruxelles, M. Prodi a déclaré que l'adhésion s'accompagnera inévitablement de déplacements de travailleurs et de délocalisations d'entreprises. "L'industrie doit se préparer à exploiter la masse considérable de scientifiques, de techniciens et de travailleurs qualifiés qui nous rejoindront prochainement en tant que nouveaux citoyens. Ils offrent une formidable opportunité de croissance et de développement", a affirmé M. Prodi aux participants. Le Président a également délivré un message aux ministres des gouvernements nationaux qui ont assisté à la manifestation en indiquant que les Etats membres doivent se montrer plus actifs pour accroître les investissements dans la recherche. L'augmentation des dépenses de recherche, selon ses termes, "constitue l'unique solution pour conserver nos jeunes talents les plus prometteurs et attirer des chercheurs et des scientifiques étrangers". Au cours d'une discussion générale sur les conditions-cadres de la politique industrielle de l'Europe, Erkki Liikanen, Commissaire en charge des Entreprises et de la Société de l'information, a plaidé pour un examen critique de la législation industrielle européenne. Il a soutenu que le moment était venu, après l'introduction de l'euro, l'extension du marché intérieur, l'essor des nouvelles technologies et l'élargissement, de réexaminer et de remanier la politique communautaire dans ce domaine. Patricia Hewitt, ministre britannique du Commerce et de l'Industrie, a mis en exergue dans son intervention les principaux thèmes qui doivent, à ses yeux, orienter les futures politiques industrielles en Europe, à savoir notamment la promotion de l'esprit d'entreprise, l'accent étant mis sur la contribution des petites et moyennes entreprises (PME), la création d'un brevet européen, le développement des compétences pour tous les citoyens et le déploiement de toutes les ressources disponibles pour favoriser l'innovation et le progrès technologique. Mme Hewitt a ensuite remarqué que, face aux économies mondiales émergentes telles que la Chine, l'Europe ne peut continuer à préserver sa compétitivité grâce à un faible niveau de coûts et de salaires. "L'industrie", a-t-elle déclaré, "doit se concentrer sur le segment final du marché dans des secteurs dans lesquels l'UE peut soutenir la concurrence". Elle a en outre averti que ce glissement ne concernera pas seulement les industries traditionnelles, comme le textile, mais également les industries plus récentes fondées sur les services. Mme Hewitt a également souscrit aux observations formulées précédemment par Akis Tsohatzopoulos, ministre grec du Développement, à propos du rôle du Conseil Compétitivité de l'UE en tant que moteur de la politique industrielle. M. Tsohatzopoulos, qui préside également en ce moment le Conseil Compétitivité, a noté: "Le Conseil Compétitivité imprimera un élan à la politique industrielle européenne et assurera la cohérence de son application. (.) Le Conseil aide toutes les branches sectorielles à opérer de concert." Il a insisté sur la nécessité de concordance entre les politiques industrielles afin de prendre en considération l'influence sur la compétitivité d'autres domaines politiques, tels que l'éducation, la recherche, les transports, les PME et les micro-entreprises, ainsi que le développement. Georges Jacobs, Président de l'Union des confédérations de l'industrie et des employeurs d'Europe (UNICE), qui représente les entreprises européennes, a focalisé ses commentaires sur l'objectif de trois pour cent du PIB affectés aux dépenses de recherche. "Il est extrêmement important de fixer un objectif, mais j'ignore si celui-ci est réaliste", a-t-il relevé. M. Jacobs a expliqué que, avant que les entreprises ne puissent tenter d'atteindre l'objectif énoncé à Barcelone, il souhaiterait que des mesures soient prises afin de mettre en place un environnement législatif plus propice aux investissements dans la recherche, notamment à travers l'adoption d'un brevet européen, la suppression des obstacles au transfert de technologies et l'instauration d'instruments fiscaux ou financiers qui encouragent les investissements dans la recherche. La conférence était organisée dans le but d'ouvrir un vaste débat public sur la politique industrielle de l'Europe et, dans ses remarques finales, M. Prodi a évoqué l'importance du débat dans le contexte plus large de la durabilité. La définition d'une politique industrielle dynamique, a-t-il affirmé, créera les conditions d'une économie vigoureuse et représente en conséquence "une stratégie supplémentaire pour réaliser un juste équilibre entre les piliers économique, social et environnemental" du développement durable.

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