La lutte contre les maladies hautement infectieuses doit se faire à l'échelle mondiale, selon la Commission
La Commission européenne a récemment réuni des chercheurs, des experts et des décideurs politiques du monde entier afin de débattre des moyens de renforcer la coopération internationale dans la lutte contre les maladies animales hautement infectieuses comme la fièvre aphteuse et la peste porcine. Les conséquences économiques des épidémies de fièvre aphteuse et de peste porcine, les futurs besoins en recherche, des questions éthiques et la nouvelle législation communautaire dans ce domaine ont également été abordés au cours de ce séminaire sur les maladies épizootiques. Philippe Busquin, commissaire européen en charge de la recherche, a souligné que « l'Europe doit renforcer son effort de recherche en vue de mettre au point de meilleurs outils visant à prévenir et contrôler les épizooties déclarées en Europe et dans d'autres régions du monde. De nouveaux vaccins, des diagnostics plus rapides confirmant l'existence d'un virus bien déterminé en l'espace de quelques heures et la modélisation des épizooties pourraient contribuer à contenir les épidémies futures et, en fin de compte, à éradiquer ces maladies. » En 2001, rien que la fièvre aphteuse a coûté plus de 10 milliards d'euros à l'UE. La peste porcine, qui constitue encore une préoccupation dans certaines régions de l'Union, a nécessité l'abattage de 15 millions de porcs au cours des années 1990. Dans les pays en développement, les maladies animales transmissibles ont des conséquences encore plus graves puisqu'elles affectent le commerce, le développement, la sécurité alimentaire, la réduction de la pauvreté, les transports et le tourisme. Par ailleurs, le traitement de ces maladies hautement infectieuses soulève des questions de dimension sociale, environnementale et éthique. Étant donné la nature transfrontalière des dernières épizooties, les contrôles, la prévention et la recherche doivent être menés à l'échelle mondiale. Le séminaire a permis à la Commission de réaffirmer sa volonté de s'inscrire dans le cadre d'une initiative internationale. « L'Europe a une longue tradition en matière de recherche sur les maladies transmissibles », a déclaré M. Busquin. Pour lutter contre la grippe aviaire, la plus récente de ces maladies, le projet de recherche AVIFLU est sur le point d'obtenir 1,8 milliard d'euros de l'UE sur trois ans. Ce projet étudiera les moyens d'améliorer le diagnostic et le contrôle des foyers de grippe aviaire. L'UE a également octroyé 270 000 euros sur quatre ans à l'ESNIP, un autre projet de recherche qui permettra de constituer un réseau de surveillance européen d'une variante de grippe qui touche les porcs. Au titre des quatrième et cinquième programmes-cadres de recherche, l'UE a financé sept projets liés à la détection de virus et d'anticorps, et plus récemment, deux projets de recherche sur des vaccins contre la fièvre aphteuse et la peste porcine ont été sélectionnés en vue d'un financement au titre du sixième programme-cadre (6ème PCRD).