La sidérurgie européenne change de visage
La Commission européenne et l'industrie sidérurgique de l'Europe ont lancé une plate-forme technologique communautaire sur l'acier dans le but de mettre au point une feuille de route pour cette industrie jusqu'en 2030. Cette plate-forme s'articulera autour de quatre thèmes principaux, baptisés les quatre P: le profit, les personnes, les partenaires et la planète. Même si aujourd'hui la sidérurgie européenne est la première au niveau mondial et qu'elle fournit plus de 250 000 emplois directs, elle est confrontée à plusieurs défis qu'elle devra relever sans tarder si elle entend maintenir ce leadership. " L'acier constitue un secteur clé pour l'Europe ", a déclaré Philippe Busquin, commissaire européen en charge de la recherche. " Cependant, pour rester compétitif et relever les défis de la mondialisation et du développement durable, il est nécessaire d'intensifier la recherche et d'accroître les investissements. Grâce à une longue tradition d'excellence en matière de coopération scientifique, d'innovation et de travail en réseau, et au soutien de la recherche sidérurgique européenne, le secteur est prêt à affronter ces défis. Les acteurs de l'industrie sidérurgique participant à la plate-forme technologique sur l'acier s'efforceront de définir une vision permettant de répondre aux besoins futurs et créer un véritable espace européen de la recherche dans le secteur de l'acier. " Pour l'instant, la sidérurgie européenne jouit d'un avantage concurrentiel par rapport à d'autres régions du monde grâce aux efforts de recherche constants et intégrés financés par la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA). Toutefois, le centre de gravité bascule progressivement vers l'Asie, la Chine accroissant sa production de 40 millions de tonnes. Par ailleurs, l'élargissement imminent de l'UE révèle la nécessité d'une restructuration profonde de cette industrie. Parmi les autres défis majeurs de la sidérurgie figurent les pressions croissantes pour la mise au point de nouvelles méthodes de production plus propres permettant de réduire les émissions de CO2, les questions de sécurité au travail et la nécessité de définir les qualifications et les compétences nécessaires à la main-d'ouvre sidérurgique de demain. Cette nouvelle plate-forme technologique relèvera ces défis en réunissant tous les acteurs concernés. Les partenaires élaboreront un programme de politique commune et détermineront les initiatives de recherche et de développement (R&D) qui méritent une aide financière européenne. L'objectif consiste à soutenir la transformation du secteur européen de la sidérurgie en une industrie davantage fondée sur la connaissance et la valeur ajoutée, caractérisée par une compétitivité et une viabilité accrues. L'accent sera mis sur l'innovation dans le domaine des technologies de la production, par exemple les systèmes informatiques de pointe, les capteurs, les modèles physiques et les méthodes d'intelligence artificielle. Dans le même temps, des recherches intenses dans le secteur de la métallurgie permettront de saisir les opportunités offertes par les nouveaux cycles thermiques pour la conception des produits, en particulier les véhicules automobiles. Dans un souci de respecter les obligations environnementales, des recherches seront également menées sur les technologies de la fabrication à vide et par plasmas. Toutes ces initiatives nécessitent des investissements substantiels dans des projets à haut risque et de longue durée, ainsi qu'une coopération entre les spécialistes de l'industrie, les centres de recherche et les universités. Pour ce faire, la Commission européenne fournira des fonds au titre du sixième programme-cadre (6ème PCRD) pour réduire les émissions de CO2 et de gaz à effet de serre dans les aciéries, et aussi pour la recherche sur de nouveaux matériaux, de nouveaux procédés de production et sur l'énergie. Ces fonds viendront s'ajouter aux subventions de la CECA, qui fournit 43 millions d'euros par an à la recherche dans le domaine de l'acier.