La Commission donne son feu vert aux cultures GM
La Commission européenne a approuvé l'importation et la commercialisation d'une variété de maïs doux génétiquement modifié (GM), le BT11, pour la consommation humaine, mettant ainsi fin à un moratoire de facto sur les produits GM en vigueur depuis six ans. "L'évaluation avant la mise sur le marché du maïs doux génétiquement modifié a été on ne peut plus rigoureuse. Ce maïs est considéré scientifiquement comme aussi sûr que le maïs traditionnel. Il ne s'agit donc pas d'un problème de sécurité alimentaire mais de choix du consommateur", a déclaré David Byrne, Commissaire européen en charge de la santé et de la protection des consommateurs. "Les nouvelles règles communautaires concernant les OGM exigent un étiquetage clair et leur traçabilité. L'étiquetage fournit aux consommateurs les informations dont ils ont besoin pour prendre leur décision. Ils sont donc libres de choisir ce qu'ils veulent acheter. La Commission agit d'une manière responsable en se fondant sur une législation stricte et claire", a-t-il ajouté. "Cette décision, valable pour dix ans, a pour destinataire la société Syngenta. Toutes les boîtes de ce maïs importées devront désormais porter un étiquetage indiquant clairement que ce légume provient d'une plante génétiquement modifiée", a déclaré la Commission. Ce maïs génétiquement modifié sera uniquement importé en Europe, et non cultivé. Une demande concernant sa culture est toutefois en cours. La Commission a approuvé le maïs BT11 en janvier et les États membres ont eu jusqu'à fin avril pour soulever des objections. Aucun gouvernement national ne s'étant opposé à l'autorisation, la plante a été automatiquement autorisée par la Commission. Elle est le premier aliment GM approuvé depuis avril 1998. L'UE a subi la pression des États-Unis ainsi que d'autres grands exportateurs agricoles selon lesquels l'interdiction de facto, non fondée scientifiquement, était illégale en vertu des règles internationales du commerce. Des fonctionnaires américains affirment qu'en dépit de la décision de l'UE, ils maintiendront leur plainte déposée devant l'Organisation mondiale du commerce. Parallèlement, l'industrie des biotechechnologies a commencé à réduire ses investissements, en particulier en Europe où la majorité des consommateurs refusent de manger des aliments génétiquement modifiés. Le 10 mai, le géant américain Monsanto à suspendu un projet de lancement de la toute première variété de blé génétiquement modifié en raison d'une trop faible demande du marché. Un mois plus tôt, le groupe allemand Bayer Cropscience a renoncé à ses tentatives de culture commerciale de maïs GM au Royaume-Uni. Le 18 mai, les Verts européens ont averti Romano Prodi, président de la Commission, que lever le moratoire alors que plusieurs pays persistent à s'y opposer "pourrait être perçu comme un abus de pouvoir". Il reste à voir désormais si l'UE donnera son feu vert à la culture de maïs GM.