La planification et la flexibilité, éléments clés pour encourager les femmes scientifiques à reprendre le travail, selon une étude
On ne facilite pas suffisamment le retour au travail dans le secteur des sciences et des technologies après une interruption de carrière, selon une étude britannique. L'étude a été menée par l'Institut britannique de physique en collaboration avec la Daphne Jackson Trust et porte sur le système d'interruption de carrière. Les membres des deux organisations ont reçu des questionnaires sur les interruptions de carrière et 294 personnes, dont moins de cinq pour cent d'hommes, ont renvoyé leurs réponses. Les résultats indiquent que 70 pour cent des interruptions de carrière sont dues à l'arrivée d'un enfant. Une autre étude menée récemment par le département du commerce et de l'industrie (DTI) du gouvernement britannique révèle qu'environ deux tiers des diplômés en sciences, ingénierie et technologies qui reprennent le travail après une interruption de carrière optent pour un secteur différent. "Compte tenu du manque de compétences, fort controversé, au sein de la main-d'ouvre britannique, il est clair que l'économie ne peut se permettre de laisser des travailleurs déjà hautement qualifiés redescendre si facilement d'un échelon", peut-on lire dans le nouveau rapport. "Cependant, le fait est que, malheureusement, pour la grande majorité, le retour sur le marché du travail est tout simplement impossible. Pour certains, une interruption de carrière risque de devenir un obstacle car, à défaut de possibilités de recyclage, les compétences sont dépassées." L'étude a révélé que quelque 60 pour cent des personnes en interruption de carrière ne retournent plus chez le même employeur. On remarque tout particulièrement que si 34 pour cent des répondants travaillaient dans le secteur industriel avant leur interruption de carrière, seuls 14 pour cent ont retrouvé un nouveau poste dans une branche commerciale ou industrielle. Selon les auteurs du rapport, cette situation est due au manque de flexibilité de l'industrie en termes d'horaires de travail par rapport au milieu universitaire. Parmi les physiciens employés par l'industrie qui sont retourné chez leur précédent employeur, 55 pour ont opté pour un horaire à temps partiel, comparé à 85 pour cent dans le cas des universitaires. L'étude a identifié une meilleure pratique pour les personnes en interruption de carrière qui souhaitent reprendre le travail par la suite. Il est recommandé aux personnes qui désirent bénéficier d'une interruption de carrière de procéder à une meilleure planification et à de meilleures négociations avec l'employeur, et il est recommandé à l'employeur de rester en contact avec la personne par le biais d'invitations à des réunions et du bulletin d'activités de l'entreprise. Dans certains cas de réussite identifiés durant l'étude, on mentionne également l'implication d'un mentor, qui a contribué à préserver le contact de l'employé avec le secteur ainsi que sa confiance en ses propres compétences, et à rendre le processus de retour au travail moins décourageant. Forts de ces résultats, les auteurs du rapport mettent le doigt sur un "rôle significatif des organismes professionnels pour garder les femmes et les hommes attachés à leurs domaines respectifs au cours de leur carrière, qui impliquera souvent des périodes de retrait du circuit." "Il ne fait aucun doute que si des femmes hautement qualifiées telles que des ingénieurs et des analystes quittent leur emploi dans l'industrie et se dirigent vers le secteur universitaire, voire renoncent à la science, l'industrie perdra de précieuses employées. La formation des scientifiques est onéreuse. Les laisser abandonner leur profession en raison d'une attitude démodée par rapport aux pratiques de travail n'est donc pas un bon investissement uniquement", a déclaré Wendy Kneissl, de l'Institut de physique, qui a commandé cette étude.
Pays
Royaume-Uni