Le premier "Conseil Espace" européen ouvre la voie à un programme spatial européen
Le tout premier "Conseil Espace" européen s'est tenu le 25 novembre dernier et a largement été reconnu comme étant la première étape vers une politique spatiale européenne et un éventuel programme. Cette rencontre a rassemblé des ministres des 27 États membres de l'Union européenne et/ou de l'Agence spatiale européenne (ESA), ainsi que des représentants de ces deux organes. Si les débats n'ont pas porté sur les priorités et les domaines spécifiques de coopération, ils ont néanmoins ouvert la voie aux négociations en la matière, qui auront lieu lors des deux prochaines rencontres prévues au printemps 2005 et en automne/hiver 2005. Laurens-Jan Brinkhorst, président du Conseil et ministre néerlandais des affaires économiques, a déclaré au terme de la réunion qu'avant l'élaboration d'une politique spatiale européenne, certains défis politiques devaient être relevés, s'agissant notamment de la portée, de la répartition des rôles, de la politique industrielle et du financement. Il a déclaré que l'orientation avait cependant été déterminée et que l'accent serait mis sur des domaines tels que les applications, les infrastructures, la science et la gouvernance. Interrogé sur les éventuels domaines spécifiques de coopération entre l'UE et l'ESA, Günter Verheugen, dont le portefeuille européen comprend désormais les affaires spatiales en plus des entreprises et de l'industrie, a déclaré que s'il a certaines idées sur le sujet, il ne serait politiquement pas très sage de les évoquer à ce stade. Il a toutefois précisé que la politique spatiale européenne doit être axée sur les utilisateurs et répondre aux besoins actuels et à venir, notamment dans les domaines des transports, de l'environnement, de la défense et de la sécurité. Il a ajouté: "Je suis fermement convaincu que nos activités spatiales doivent non seulement poursuivre et élargir la recherche, mais également aller au-delà de celle-ci. L'espace est un secteur qui dépasse largement les frontières de la recherche." M. Verheugen a également déclaré que le niveau des ressources actuellement investies en Europe dans l'espace est limité, et qu'il entend y remédier immédiatement. Il a toutefois ajouté que les appels lancés par l'ancien commissaire à la recherche, Philippe Busquin, pour un investissement annuel s'élevant à un milliard d'euros n'est "pas réaliste aujourd'hui", et qu'un financement de cette ampleur ne figurait pas parmi les perspectives financières de la Commission. La relation entre l'UE et l'ESA a été abordée lors du point de presse organisé après le Conseil. Jean-Jacques Dordain, directeur général de l'ESA, a souligné que "l'ESA ne souhaite pas empiéter sur le rôle des autres", et que "la Commission fera également appel à l'ESA pour ses domaines de spécialité, tels que les dispositifs de lancement." M. Verheugen a partagé ce point de vue, précisant que "l'ESA n'est pas sous le contrôle de l'UE. Nous sommes partenaires. Je ne pense pas que nous soyons dans des camps différents. Nous estimons tous deux qu'il est intelligent de partager des informations et des idées." Assistant au Conseil en sa qualité de présidente actuelle du Conseil de l'ESA, la ministre allemande de l'éducation et de la recherche, Edelgard Bulmahn, a également fait référence aux points forts que les deux organes apportent au partenariat, notamment les compétences technologiques de l'ESA, et a déclaré qu'il est à présent temps de s'en servir pour atteindre les objectifs politiques fixés. Mme Bulmahn a également mis l'accent sur la nécessité de faire la différence entre la politique spatiale et les autres politiques industrielles, ainsi que sur le besoin qui en découle de mettre au point une série différente de règles pour la régir. La ministre a également évoqué le besoin de "ne pas confondre le financement de l'UE et celui de l'ESA. Si les deux projets communs lancés à ce jour, Galileo et GMES (surveillance globale pour l'environnement et la sécurité) ont impliqué un financement des deux organes, Mme Bulmahn a déclaré que les responsabilités pour chaque projet commun doivent être claires, notamment en matière de financement. "Sans quoi nous ne renforcerons pas l'efficacité", a-t-elle déclaré.