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Le lauréat du prix Descartes appelle l'Union européenne à accentuer la coopération avec le reste du monde

Dans son discours de remerciement pour le prix Descartes de la recherche transfrontalière excellente, Howard Trevor Jacobs a invité l'Europe à "semer et mener des initiatives de recherche mondiales". Le professeur Jacobs, récompensé pour son travail sur l'ADN mitochondrial, ...

Dans son discours de remerciement pour le prix Descartes de la recherche transfrontalière excellente, Howard Trevor Jacobs a invité l'Europe à "semer et mener des initiatives de recherche mondiales". Le professeur Jacobs, récompensé pour son travail sur l'ADN mitochondrial, a appelé l'Union européenne à soutenir l'excellence "sans règles excessivement normatives et sans structures artificielles", à fournir un véritable financement, à encourager la collaboration scientifique au sein de l'Union européenne et à améliorer le colis de bienvenue des étudiants étrangers en renforçant la mobilité à au sein de l'Union européenne. "C'est quand nous partageons nos réflexions que nous sommes les plus productifs", a déclaré le professeur Jacobs, qui enseigne la génétique à l'université de Tampere, en Finlande. "On peut obtenir des résultats plus passionnants en cogitant une nuit autour de quelques bières qu'en 20 ans de recherche, seul dans son laboratoire." Selon le professeur Jacobs, pour que la science européenne soit réellement compétitive avec la recherche la plus performante au monde, "ce que nous pensons être la meilleure manière d'assurer la future prospérité de nos continents et de ses citoyens, l'UE doit consacrer une plus grande partie de son soutien à la meilleure science qui soit, tout simplement". L'UE doit identifier, grâce à l'évaluation par les pairs, les chercheurs les plus brillants et les institutions et les régions qui investissent véritablement dans les infrastructures de recherche, et leur donner les outils supplémentaires nécessaires pour effectuer des recherches scientifiques de niveau mondial, ainsi que la liberté de poursuivre leurs objectifs sans référence constante aux bénéfices tangibles à court terme, selon le professeur Jacobs. Si le professeur Jacobs admet que les scientifiques doivent être responsables de la manière dont ils utilisent les deniers publics, il souligne que "l'intérêt à long terme de l'Europe en tant qu'entité dépend de la libération de nos meilleurs esprits pour générer de nouvelles connaissances et technologies par des procédés intellectuels organiques et non pas au moyen de plans de travail rigides et préprogrammés". "La deuxième nouvelle dimension dont nous avons cruellement besoin pour la science européenne", a continué le professeur Jacobs, "est l'assurance de bénéficier d'une bien meilleure coopération avec le reste du monde. Au lieu de n'être soutenu que par la protection que nous offrent les barrières continentales, les scientifiques européens doivent interagir et collaborer beaucoup plus largement avec leurs pairs vivant bien au-delà de nos frontières. L'UE peut et doit être un instrument essentiel de la concrétisation de cette collaboration." Pour le lauréat du prix Descartes, l'UE devrait saisir l'opportunité que lui offre le fait que certains aspects du soutien de la recherche sont menacés dans le centre traditionnel de la science (les États-Unis) pour mener plus avant "un effort de recherche véritablement international". La force du système fédéral de financement américain devrait, cependant, servir d'exemple pour l'Union européenne, a expliqué le professeur Jacobs au cours de la conférence de presse qui a suivi la cérémonie de remise des prix. Dans l'UE, le financement étant principalement national, on observe une duplication des efforts, ce qui entraîne "un énorme gaspillage de ressources, et l'abandon de pratiquement toutes les recherches innovantes", a-t-il déploré. "Les États-Unis attirent les scientifiques depuis des décennies. Aujourd'hui, les choses sont en train de changer. On s'intéresse de moins en moins aux États-Unis, qui se tournent plus sur eux-mêmes. Ce changement offre une chance à l'Europe de renforcer la collaboration et de prendre la tête de ce secteur", a fait valoir le professeur Jacobs. C'est le moment idéal pour attirer les étudiants étrangers qui sont repoussés par les États-Unis à cause du climat négatif qui y règne, pense le professeur Jacobs. "Nous devons accueillir les non-Européens, leur donner des postes haut placés et améliorer la mobilité au sein de l'UE en supprimant les visas", a-t-il conclu.

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