L'UE finance un projet sur la technologie humanoïde et la neuroscience cognitive
Alors qu'il apparaît de plus en plus manifeste que les processus mentaux sont profondément influencés par la structure physique du corps et par son interaction avec l'environnement, l'étude de la connaissance et de l'intelligence dépend par conséquent de plus en plus de l'utilisation du corps humain, et enfin de l'utilisation des robots humanoïdes. La Commission européenne a donc décidé de financer un nouveau projet, RobotCub, destiné à faire avancer cet agenda de la recherche en créant une plate-forme humanoïde permettant de poursuivre l'étude de la connaissance incarnée. Financée au titre de la priorité "Technologies de la société de l'information" (TSI) du sixième programme-cadre (6e PCRD), RobotCub réunit, pour une période de cinq ans, 11 centres de recherche européens, deux américains et trois japonais. Les partenaires en question sont spécialisés en robotique, en neuroscience ou en psychologie du développement. RobotCub fait suite à un autre projet fructueux s'inscrivant dans le cadre des TSI, le Mirror project, conçu pour mieux comprendre comment les êtres humains reconnaissent et imitent les gestes grâce à l'élaboration d'un système artificiel capable de communiquer grâce aux gestes du corps. Le Mirror project a développé un artefact, composé d'une tête binoculaire, d'un torse et d'un bras anthropomorphique équipé d'une main capable d'apprendre comment reconnaître et effectuer des actions telles que donner une indication, gratter une partie du corps ou encore acheminer de la nourriture à la bouche. L'expérience a montré que l'apprentissage précède la compréhension et a permis aux partenaires associés au projet de découvrir de nombreux éléments d'une architecture biologiquement compatible susceptible d'être reproduite sur des robots. Toutefois, lorsque le Mirror project a pris fin, l'intégration du robot humanoïde n'était pas tout à fait complète. RobotCub prolongera par conséquent le travail scientifique effectué dans le cadre du Mirror project. Comme l'explique le consortium, RobotCub poursuit deux objectifs. Le premier consiste à "créer une plate-forme humanoïde ouverte et facile d'accès pour la recherche relative à la connaissance incarnée". Le deuxième objectif consiste à "accroître la compréhension de plusieurs questions clé de la connaissance en exploitant cette plate-forme dans l'étude du développement cognitif. L'objectif scientifique de RobotCub consiste, par conséquent, à élaborer communément le mindware et le hardware d'une plate-forme humanoïde visant à étudier la cognition humaine et l'interaction humain-machine", a ajouté le consortium. La plate-forme se nomme CUB ou "Cognitive Universal Body". "L'élaboration du robot visera à maximiser la liberté dont bénéficie la partie supérieure du corps (tête, torse, bras et mains). La partie inférieure du corps (jambes) sera conçue de façon à ce que le robot puisse ramper à quatre pattes et s'asseoir sur le sol dans une position stable, avec une transition autonome douce entre l'action de ramper et celle de s'asseoir", a expliqué le coordinateur du projet Giulio Sandini, de l'université de Gênes en Italie. "Cela permettra au robot d'explorer l'environnement et de saisir et de manipuler des objets sur le sol. D'un point de vue fonctionnel, le système sera capable de coordonner le mouvement des yeux et des mains, de saisir et de manipuler des objets légers, de taille et d'apparence raisonnables, de ramper à quatre pattes et d'adopter une position assise."