Les chercheurs doivent être plus mobiles, déclare M. Liberali
La Commission européenne a relevé des éléments laissant penser que certains Etats membres ont désormais commencé à traiter avec sérieux les discussions relatives aux échanges de chercheurs, selon Raffaele Liberali, directeur des questions liées au facteur humain, à la mobilité et aux actions Marie Curie au sein de la DG Recherche de la Commission. "[C'est] une chose positive, car nous devons rendre les déplacements à l'étranger plus simples et plus attractifs pour les chercheurs. A l'avenir, les chercheurs devront être plus mobiles", a-t-il déclaré lors d'une conférence qui s'est tenue récemment à Oslo pour marquer le lancement du portail norvégien consacré à la mobilité des chercheurs. L'une des raisons pour lesquelles la mobilité des chercheurs suscite un intérêt croissant est la priorité de l'UE consistant à investir dans les compétences et l'éducation, ainsi que dans la recherche et l'innovation, pour encourager la croissance et créer plus d'emplois en faisant de l'Europe un lieu plus attractif pour les investissements et l'emploi. L'une des manières de parvenir à cet objectif consiste, pour les différents pays, à faire passer leurs contributions au domaine de la recherche à trois pour cent du produit intérieur brut (PIB). "Mais investir dans la recherche signifie investir dans les hommes et les femmes. Faire passer les contributions apportées à la recherche à trois pour cent du PIB signifie recruter 500.000 à 700.000 nouveaux chercheurs en Europe. La Commission devra par conséquent chercher à rendre les carrières dans le domaine de la recherche plus attractives pour les jeunes européens et encourager l''émigration' des chercheurs de pays situés hors de l'UE et de l'Europe", a déclaré M. Liberali. Ainsi, en plus de la diffusion traditionnelle de l'information sur la mobilité des chercheurs et les différentes opportunités que présente une carrière dans la recherche, la Commission a lancé deux documents: une "charte européenne du chercheur" et un "code de conduite du recrutement du chercheur", dans lesquels figurent des recommandations quant aux meilleurs moyens d'élaborer des politiques en matière de recherche propices à encourager la mobilité et le recrutement des chercheurs. Les représentants de la Commission souhaitent que les pays coopèrent au sein de l'UE pour concevoir une série de droits et devoirs des chercheurs qui soient communs et généralement reconnus. M. Liberali reconnaît qu'une carrière dans la recherche peut souvent sembler jalonnée d'incertitudes: "Si vous êtes enceinte ou malade, il y a toujours quelqu'un qui est prêt à s'emparer de votre place, et il n'est pas toujours dit que vous puissiez retrouver votre place plus tard. L'autre aspect est le besoin omniprésent de publier - 'publier ou périr!'. Si quelqu'un est par exemple chercheur dans l'industrie, où il n'est pas habituel de publier aussi souvent que dans les institutions universitaires, cette exigence de qualité peut être injuste." L'une des questions soulevées lors de la conférence a consisté à savoir comment intégrer cette directive commune à la politique de recherche de chaque pays. "La charte européenne pour les chercheurs et le code de conduite des chercheurs ne sont pas des directives qui seront imposées aux gouvernements et au secteur de la recherche. Nous, à la Commission, envisageons ces documents comme faisant partie du processus de sensibilisation", a commenté M. Liberali. "Mais je ne suis pas du genre à me contenter de croire aux bonnes intentions. Je crois également en l'action. Nous ne pouvons pas façonner une politique de recherche qu'à l'aide de carottes. Une certaine coercition s'impose également", a-t-il ajouté, faisant allusion à la possibilité de faire de la mobilité l'un des critères d'examen servant à pourvoir les postes de recherche. "L'une des tâches importantes de la Commission européenne en matière de promotion de la mobilité consiste à créer un portail Internet dédié à la publication internationale des postes de recherche à pourvoir, comportant des renseignements sur les offres et les conditions dans les différents pays, qui permettra aux chercheurs de s'orienter plus facilement - un réseau de centres de mobilité offrant des conseils pratiques aux chercheurs et à leurs familles à la fois avant et après leur déménagement", a expliqué M. Liberali. La voie norvégienne de cette autoroute de l'information, mise en place par le Conseil norvégien de la recherche, comprend des centres de mobilité situés dans des universités, des écoles de commerce, des instituts de recherche et le secteur de l'industrie. En outre, un portail consacré à la mobilité, lancé lors de la conférence, a été créé pour remplir deux fonctions: informer les chercheurs étrangers souhaitant venir travailler en Norvège, d'une part, et, d'autre part, renseigner les chercheurs norvégiens désireux d'aller à l'étranger. La ministre norvégienne de l'Education et de la Recherche, Kristin Clement, a déclaré: "Un accroissement de la coopération internationale dans le domaine de la recherche et une hausse du nombre de chercheurs étrangers venant travailler en Norvège sont nécessaires pour assurer aux chercheurs norvégiens la conservation d'un haut niveau de qualité et de leur compétitivité. Le portail norvégien dédié à la mobilité est une étape importante pour consolider cette coopération."
Pays
Norvège