Joyeux anniversaire CORDIS
CORDIS a parcouru un long chemin depuis le lancement, en 1990, de trois bases de données distinctes, évoluant et se développant au rythme de l'Internet, des programmes-cadres de recherche de la Commission et de la communication scientifique. 15 années ont passé et CORDIS propose aujourd'hui 200 services et environ 210.000 pages, consultées chaque mois par quelque 250.000 utilisateurs dans plus de 170 pays. Le personnel travaillant sur Cordis a connu bien des allées et venues au cours de ces 15 années, mais CORDIS Nouvelles a réussi à retrouver le dernier membre de l'équipe CORDIS initiale toujours affecté au projet et l'a interviewé au sujet de ces 15 années de travail pour CORDIS ainsi que de son avenir. Peter Finch, aujourd'hui "Chef de secteur pour les systèmes CORDIS", est l'une des trois personnes qui ont mis CORDIS sur les rails et l'ont lancé. "Nous avons eu une idée grandiose qui, rétrospectivement, s'avère plutôt une petite idée", explique M. Finch. L'idée était certes petite mesurée à l'aune d'aujourd'hui - trois bases de données individuelles avec des informations sur les programmes, projets et publications financés par l'UE. Le public cible était également des plus limité, l'équipe espérant attirer un maximum de 500 utilisateurs par mois, explique M. Finch. "Puis, nous l'avons lancé, et tout le monde a été surpris, nous les premiers. C'était une grande satisfaction d'être parti de rien pour arriver à quelque chose que les gens utilisaient effectivement", poursuit M. Finch. Premier service à fournir gratuitement ce type d'informations, CORDIS devient immédiatement très populaire. C'est son caractère unique qui a permis au CORDIS initial d'exister malgré une interface "catastrophique", estime M. Finch: "Cette information n'était disponible nulle part ailleurs, et les gens étaient disposés à tout pour l'obtenir" ajoute-t-il. Aujourd'hui, tout est mis en oeuvre afin de rendre CORDIS aussi accessible et convivial que possible. M. Finch a également abordé les problèmes inhérents à la collecte de l'information. CORDIS était encore relativement peu connu, et les représentants de la Commission ne transmettaient donc pas systématiquement les documents. "C'était une existence au jour le jour", explique-t-il. "Nous passions dans les bureaux et en ressortions avec des disquettes dans les poches!". La percée décisive, pour reprendre les termes de M. Finch, a été l'apparition du World Wide Web. Selon lui, il s'agit là de la période la plus intéressante de CORDIS. De composant mineur d'une unité centrale de traitement, le service a évolué en un environnement web dédié, et immédiatement attiré plus de visiteurs. "On a subitement décollé", déclare M. Finch. CORDIS était en fait le premier service de la Commission à être lancé sur l'Internet. Depuis lors, CORDIS a pris de l'ampleur au fil des programmes-cadres. Lors du lancement du Sixième programme-cadre (6e PC), la charge de travail a littéralement explosé, déclare M.Finch. "L'intérêt grimpe en flèche au début du programme et nous devons anticiper cela." Le plus récent changement a été la migration de CORDIS de son ancien nom de domaine ".lu" vers celui de la Communauté européenne. Le passage au domaine "europa" est qualifié d'essentiel par M. Finch. "Le fait d'avoir un domaine de premier niveau ".lu" portait à confusion et de nombreuses personnes s'interrogeaient quant au caractère officiel de l'information sur CORDIS. Cela authentifie et valide le message," explique-t-il. Interrogé sur les raisons pour lesquelles, selon lui, CORDIS a eu une aussi longue existence, M. Finch renverse la question pour déclarer: "Pour un programme de la taille du programme-cadre, il est très étonnant de constater qu'aucun pourcentage raisonnable des ressources n'était alloué à la diffusion intégrée et ciblée de l'information lors des premiers programmes-cadres." "Il doit y avoir une responsabilité déterminée et engagée de diffuser l'information au public, tant en amont à l'attention des participants qu'en aval en termes de résultats de projets", ajoute-t-il. Pour le Chef de secteur, l'avenir de CORDIS est assuré sur le très long terme, et les perspectives peut-être même plus vastes encore qu'aujourd'hui. "Par le passé, CORDIS a été lié aux programmes-cadres. A l'avenir, il est probable que cette base s'élargira. Nous devrions être impliqués de façon centrale dans le 7e PC, ainsi que dans le programme-cadre pour la compétitivité et l'innovation (CIP)," ajoute M. Finch. "Tant que l'UE aura pour mission d'agir dans les domaines de la recherche et de l'innovation, un service tel que CORDIS aura toutes les raisons d'être." Pour ce qui est de l'avenir, M. Finch réfléchit pour CORDIS à un rôle plus marqué en dehors des programmes-cadres, "impliquant éventuellement la recherche nationale". ERA-WATCH va d'ores et déjà dans ce sens. Une participation à un futur portail européen de la science est également en discussion.