Fin des injections d'insuline pour les patients atteints d'une forme rare de diabète
Les avancées de la recherche pourraient révolutionner le traitement des personnes atteintes de diabète néonatal, dont nombre d'entre eux pourraient remplacer leurs injections d'insuline par la prise de comprimés. Selon les estimations, le diabète néonatal affecte un enfant sur 100.000. Caractérisé par une hyperglycémie (un taux anormalement élevé de sucre dans le sang) durant les premiers jours ou mois de la vie, il se traite au moyen d'injections d'insuline. Certains sujets nécessitent un traitement tout au long de leur vie, tandis que d'autres peuvent connaître une rémission entre une semaine et un mois de vie, qui est toutefois suivie d'une réapparition de la maladie à un âge ultérieur. Deux projets de recherche, tous deux publiés dans la dernière édition du New England Journal of Medicine, ont réussi à éclaircir quelque peu l'origine du diabète néonatal et révélé que les médicaments appelés sulfamides pourraient être au moins aussi efficaces que l'insuline dans la maîtrise de cette forme rare de diabète. Les sulfamides sont des antidiabétiques oraux qui augmentent la sécrétion d'insuline et favorisent donc une meilleure régulation de la glycémie. Une équipe franco-américaine a examiné le codage génétique du récepteur aux sulfamides chez un groupe d'enfants présentant un diabète néonatal qui ne pouvait être expliqué par une anomalie génique connue. Il a été constaté que neuf d'entre eux étaient porteurs d'une mutation du gène du récepteur aux sulfamides SUR1. Les sulfamides inhibent les canaux potassiques des cellules bêta du pancréas, qui sont impliquées dans la sécrétion de l'insuline. Lorsque le récepteur aux sulfamides est défectueux, les canaux potassiques restent ouverts et bloquent la sécrétion de l'insuline. Les canaux déficients restent toutefois sensibles aux sulfamides, ce qui laisse envisager la possibilité de traiter ces enfants à l'aide de sulfamides en lieu et place de l'insuline. D'après l'article publié, le traitement à base de sulfonylurée est ainsi parvenu à rétablir une glycémie normale chez ces enfants. La seconde étude, dirigée par la Peninsula Medical School, au Royaume-Uni, a mis l'accent sur les patients atteints de diabète néonatal à la suite d'une mutation du gène Kir6.2 qui joue également un rôle dans le canal potassique contrôlant la sécrétion de l'insuline. Elle a fait apparaître que la prise de comprimés de sulfonylurée a permis à 90 pour cent des patients dépistés au cours de leurs six premiers mois de vie d'arrêter leurs injections d'insuline. Les sujets inclus dans cette étude étaient âgés de 3 mois à 36 ans et il a d'ores et déjà été démontré que le traitement pouvait fonctionner pendant deux ans. De surcroît, les patients qui ont adopté les nouveaux comprimés ont même amélioré leur contrôle de la maladie. "La découverte surprenante n'était pas seulement que les patients ont pu arrêter l'insuline mais que, dans tous les cas, leur taux général de sucre dans le sang était inférieur sans que les patients ne rencontrent de problèmes liés à l'hypoglycémie", a commenté le docteur Ewan Pearson, de l'université de Dundee. "Il est rare d'obtenir une réaction aussi exceptionnelle à un quelconque traitement." "Ces recherches attestent que la génétique apporte réellement une différence - la connaissance de la cause de ce diabète nous a aidés à identifier le type de médicament susceptible d'agir", a ajouté le professeur Andrew Hattersley de la Peninsula Medical School. "Nous souhaitons à présent tester davantage de personnes dont le diabète a été diagnostiqué avant l'âge de six mois afin de déterminer si leur traitement peut être modifié avec succès."
Pays
France, Royaume-Uni, États-Unis