Coopération européenne pour un marché «de pointe» dans les systèmes de positionnement
Les services basés sur la localisation (SBL) peuvent constituer un atout pour les entreprises et les particuliers qui souhaitent simplement savoir où ils se trouvent, pour s'assurer de ne pas se perdre, mais également pour exercer le suivi de véhicules ou une récupération après une panne. Il semble toutefois que le marché des SBL soit sous-exploité dans l'UE. «L'Europe a investi lourdement dans la recherche sur les SBL, mais relativement peu d'applications sont capables à ce jour d'utiliser efficacement les services de géolocalisation», affirme Boris Grabner, membre de Telekom Austria Aktiengesellschaft et coordinateur du projet ISHTAR (Industrial Stimuli for the Harmonisation of European Research in the area of LBS - stimulus industriels pour l'harmonisation de la recherche européenne dans le domaine des SBL), qui ambitionne de renverser cette situation. Le succès créerait un marché «de pointe» pour les produits, ce qui serait favorable pour l'économie de l'UE. Financé au titre de la priorité consacrée aux technologies de la société de l'information (TSI) du sixième programme-cadre de recherche, ISHTAR poursuit quatre objectifs: - identifier les déficits de connaissances et de compétences dans l'interopérabilité des SBL en Europe; - contribuer à la standardisation des SBL; - dresser une carte paneuropéenne des compétences européennes en matière de SBL; - planifier un programme quinquennal de recherche et développement (R&D) sur les futures activités et technologies liées aux SBL. M. Grabner pense que la lenteur de la croissance sur le marché européen des SBL est imputable au manque de coopération européenne, dès lors que la plupart des questions relatives à la standardisation ont été résolues en théorie, mais que la théorie doit encore être transposée dans la pratique. La coopération revêt désormais une importance croissante, à l'heure où de nombreux types de dispositifs peuvent utiliser les technologies des SBL, et où le marché dispose donc d'une marge de croissance. De plus, les technologies de l'actuel système de positionnement mondial (GPS), qui attestent d'une précision de quelque 10 mètres au sol, seront prochainement supplantées par le système Galileo de l'UE, qui atteindra une précision d'environ un mètre. Cette précision donnera la possibilité aux autorités de surveiller la circulation avec une exactitude sans faille et permettra, par exemple, la mise en place de systèmes de péage fluides - sans cabines. L'étude d'ISHTAR sur l'activité des SBL en Europe brosse un aperçu de l'état du marché européen et de sa progression. «Elle laisse entrevoir un grand avenir pour la recherche européenne connexe sur les TSI, le septième programme-cadre et le système Galileo de positionnement par satellite», déclare M. Grabner. Le secteur des SBL se concentre aujourd'hui dans le transport et le tourisme (15 pour cent), le suivi/la surveillance (14 pour cent), l'information (13 pour cent), la sécurité (12 pour cent) et la gestion de flotte (11 pour cent). Au total, 75 pour cent des personnes interrogées prévoient un développement du secteur, dans une large mesure grâce à de nouveaux appareils pour les conducteurs et à des applications intelligentes. Afin que les entreprises européennes puissent franchir l'étape du démarrage, une parfaite interopérabilité doit être garantie entre les fournisseurs, les opérateurs et tous les autres acteurs. Les entreprises pourront ainsi adapter les produits, les services et les contenus pour les consommateurs à travers l'ensemble des réseaux, gadgets et autres technologies, comme les systèmes sans fil. «De nombreux projets européens sur les SBL étudient d'ores et déjà ces créneaux», commente M. Grabner. «Nous recommandons une intégration accrue, une standardisation et un enrichissement réciproque entre eux, en particulier dans les projets imminents.» Un certain travail doit également être accompli afin d'apaiser les inquiétudes des consommateurs. Beaucoup craignent par exemple de pouvoir être suivis à la trace s'ils ont sur eux un téléphone portable. «Pourquoi ne pas élaborer un code de conduite, qui contraigne les fournisseurs de services à expliquer ce qu'ils font avec les informations sur les utilisateurs?» D'autres analyses du marché des SBL, et peut-être un forum européen des SBL, peuvent être attendus de la part des partenaires du projet, qui sont tous extrêmement actifs dans la recherche sur les télécommunications: le Centre technologique d'Athènes et la société Teletel de technologies des télécommunications et de l'information en Grèce, Alcatel Space en France, et Tele Atlas et Navteq en Belgique.
Pays
Autriche