Des chercheurs démontrent l'importance des gènes maternels dans le développement de l'embryon
Une équipe de chercheurs français et américains a démontré comment les gènes exprimés par la mère affectent le développement de l'embryon pendant sa croissance. La sérotonine est un neurotransmetteur impliqué dans un certain nombre de processus physiologiques, parmi lesquels le cycle du sommeil, le contrôle de la température corporelle et de la pression artérielle et le comportement sexuel. La sérotonine joue également un rôle important dans le développement de l'embryon, en particulier dans le système nerveux central. Cependant, les chercheurs n'ont pas pu trouver dans l'embryon précoce l'endroit où la sérotonine est fabriquée, ce qui les a amenés à penser que celle-ci provenait peut-être de la mère. À présent, une équipe de chercheurs dirigée par le Centre national français de la recherche scientifique a découvert que c'est en effet le cas. Leurs conclusions sont publiées en ligne par les «Proceedings of the National Academy of Sciences» (PNAS). En utilisant des croisements génétiques, les chercheurs ont créé des situations dans lesquelles les souris mères, dont les gènes de sérotonine avaient été anéantis, portaient des petits avec des gènes de sérotonine normaux et vice-versa. Ils ont découvert que les gènes de la mère avaient une influence plus importante sur la santé des petits que les propres gènes des progénitures. Des analyses d'embryons en phase de développement dans des mères présentant des niveaux de sérotonine normaux ont révélé que ces embryons ne pouvaient être distingués des embryons de souris normaux. Cependant, les embryons des mères dont le niveau de sérotonine était anormalement faible étaient plus petits que la moyenne et présentaient des anomalies cérébrales. «Les résultats indiquent que le génotype de la mère influence le développement embryonnaire quel que soit le génotype de l'embryon», écrivent les chercheurs. «De plus, les observations appuient fortement l'idée qu'une source maternelle de sérotonine est nécessaire au développement normal.» Les implications de ce travail sont loin d'être négligeables pour le traitement d'un certain nombre de maladies. Par exemple, l'autisme a été mis en lien avec des niveaux élevés de sérotonine et les chercheurs suggèrent que les variations des niveaux de sérotonine maternelle au début de la grossesse pourraient produire des effets subtils sur le développement cérébral. Eu égard à ce facteur, ils constatent qu'il pourrait être prudent de contrôler les niveaux de sérotonine des femmes et leur génotype durant la grossesse. Les chercheurs pensent que leurs recherches pourraient également aider à comprendre les causes du syndrome du côlon irritable, qui affecte 20 % de la population. De grandes quantités de sérotonine sont produites dans l'intestin et on a pu établir un lien entre ce syndrome et des problèmes d'absorption de sérotonine. Ils constatent que, dans l'embryon, le système d'absorption de la sérotonine se développe avant que l'embryon commence à créer sa propre sérotonine, ce qui implique que la sérotonine qui affecte le système doit provenir de la mère. Se tournant vers l'avenir, les chercheurs posent un certain nombre de questions qui restent toujours ouvertes, par exemple, pendant combien de temps la sérotonine maternelle est disponible pour l'embryon et comment elle est transférée au f�tus.
Pays
France