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Collaboration UE-Australie: peut faire mieux

Selon Neil Hamilton, administrateur du Forum Europe-Australie pour la coopération scientifique et technologique (FEAST), la participation de l'Australie aux programmes-cadres de recherche de l'UE n'a cessé de s'intensifier depuis le quatrième programme-cadre (4e PC), mais rest...

Selon Neil Hamilton, administrateur du Forum Europe-Australie pour la coopération scientifique et technologique (FEAST), la participation de l'Australie aux programmes-cadres de recherche de l'UE n'a cessé de s'intensifier depuis le quatrième programme-cadre (4e PC), mais reste néanmoins inférieure à ce qu'elle devrait être. Lors du 6e PC, 70 équipes australiennes ont participé à 57 projets (statistiques de juillet 2006), or ce chiffre devrait se situer entre 100 et 150, estime M. Hamilton. Présent à Bruxelles pour FEAST, M. Hamilton s'est entretenu avec CORDIS Nouvelles à propos de la coopération Europe-Australie, des réalisations du forum FEAST et des obstacles à la coopération. «Le franc succès de FEAST est dû à l'engagement de la communauté de recherche australienne», affirme M. Hamilton. «Les chercheurs australiens commencent à comprendre que l'enjeu de la collaboration n'est pas l'argent, mais bien l'accès aux infrastructures et aux idées.» Lancé en tant que projet pilote en 2001, FEAST a permis l'organisation de conférences et «initié le processus d'éducation de la communauté de recherche australienne», estime M.Hamilton. Grâce à FEAST, 30 Australiens - en fait, les 30 premiers multiplicateurs d'information de l'Australie pour les programmes-cadres - ont également pu participer au lancement du 6e PC. Une fois arrivé à son terme, le projet pilote a été soumis à examen et son financement jugé insuffisant. Un nouveau contrat a alors été conclu, doté d'un budget revu à la hausse, au titre de la section «Coopération internationale» du 6e PC. Le programme de travail de FEAST repose sur trois piliers: diffusion de l'information, soutien à la mise en réseau et activités concrètes telles que l'organisation de conférences. «Il y a quantités de choses à faire, mais il faut sélectionner et retenir les meilleures», déclare M. Hamilton. Il n'avait pas conscience, lors de la rédaction de la proposition soumise pour financement, de tout le temps qu'il allait devoir passer en Europe pour assurer le bon déroulement de FEAST. «Ma présence ici est cruciale. Je suis ici trois mois par an et c'est uniquement pour cela que FEAST fonctionne», affirme-t-il. Pour l'administrateur de FEAST, ni la politique du gouvernement australien ni la politique de l'UE ne sont adaptées ou favorables à la participation de l'Australie aux programmes-cadres. Constatant par ailleurs que les accords de science et technologie (S & T) du 7e PC sont moins ouverts que par le passé à la participation des pays développés, M. Hamilton en conclut que la Commission cherche plutôt à favoriser la participation de chercheurs des pays en développement. «Cette situation, tant qu'elle ne sera pas réglée, sera dommageable pour la science européenne. Si vous voulez être le meilleur du monde, vous devez travailler avec les meilleurs au monde», affirme-t-il. Le manque de financement national peut également être un obstacle à la participation. M.Hamilton a toutefois bon espoir de voir des fonds plus facilement mis à disposition dès l'année prochaine. Le conseil du Premier ministre pour la science, l'ingénierie et l'innovation met actuellement la dernière main à un rapport sur la collaboration avec l'Europe qui sera présenté au Premier ministre. Des rapports précédents sur la collaboration avec l'Inde et la Chine ont eu pour résultat un accroissement du financement national. «L'Australie est un petit pays encore en apprentissage. Sans financement supplémentaire, nous ferons marche arrière», s'inquiète M. Hamilton Toutefois, l'argent ne suffit pas à lui seul à renforcer efficacement la collaboration. Les chercheurs des deux hémisphères doivent eux-mêmes activement rechercher les opportunités de partenariats s'ils veulent travailler ensemble. Les chercheurs australiens sont clairement intéressés par une collaboration avec les scientifiques européens, comme le prouve leur participation massive aux ateliers FEAST. «Le problème, c'est qu'il n'y a pas de suivi», déclare M. Hamilton. Il aimerait voir un plus grand nombre de chercheurs australiens demander à leurs homologues européens, avec lesquels ils travaillent déjà, s'ils envisagent de soumettre une proposition au titre du 7e PC, de façon à connaître les projets des autres parties en temps opportun et à pouvoir indiquer leurs potentialités en matière de contribution. Par le biais de FEAST, M. Hamilton aimerait également amener les Australiens à rechercher proactivement de l'information sur la façon de participer aux programmes-cadres. Les chercheurs interrogent rarement le service d'aide de FEAST, mais le service des «questions fréquemment posées» du site internet dédié à FEAST reçoit des milliers de visiteurs. «Je pense que les scientifiques n'aiment pas paraître ignorants!», déclare M. Hamilton. Il cite également la désinformation pratiquée des deux côtés comme responsable des faibles niveaux de participation au 6e PC. Si elle est mal informée, la communauté de recherche australienne ne saurait convaincre les équipes de chercheurs européens de sa capacité à participer aux programmes-cadres, a-t-il déclaré. M. Hamilton estime également que la communauté de recherche australienne ne saisit pas toutes les occasions qui se présentent, car elle se focalise uniquement sur l'aspect scientifique. Il faudrait par ailleurs amener davantage de scientifiques européens à se rendre en Australie. «Ceux qui viennent disent: «Incroyable, nous ne savions pas ce que vous faisiez ici». Beaucoup de personnes qui se rendent en Australie finissent par s'y installer et constituent de la sorte un lien essentiel avec l'Europe», affirme M. Hamilton. Développer en Australie un projet similaire à ERA-link serait une excellente chose, reconnaît-il. ERA-link est un réseau de chercheurs européens basés aux États-Unis. Bien des choses restent à faire pour renforcer la collaboration UE-Australie, et FEAST poursuivra sa mission en ce sens tout au long du 7e PC. L'équipe FEAST soumettra une proposition lors de la publication de l'appel par la Commission en mai.

Pays

Australie

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