Les candidats aux présidentielles françaises en tête à tête avec la recherche
Les candidats principaux aux élections présidentielles françaises sont en tête à tête avec la recherche dans un numéro spécial élections publié dans la dernière édition de la revue Nature. Alors que les Français se préparent à aller voter pour le premier tour des élections présidentielles, la revue prestigieuse interroge Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal et François Bayrou sur leurs projets concernant la recherche dans le pays. Les derniers sondages montrent que ces trois personnes sont en tête des six autres candidats à la présidence. Tous trois s'accordent à dire que le financement de la recherche doit être augmenté. Le centre droit M. Sarkozy s'engage à dédier 4 milliards EUR supplémentaires à l'enseignement supérieur; la socialiste Ségolène Royal promet une augmentation du financement de 10 % par an pendant cinq ans, et le centriste François Bayrou propose une augmentation du budget de 5 % chaque année pendant 10 ans. Cependant, comme le fait remarquer la revue Nature dans son éditorial, «le prochain président devra soutenir les réformes ciblées et dont le pays a vraiment besoin du système scientifique, qui a résisté à de vastes efforts de réformes pendant plus de deux décennies». La revue a demandé aux candidats s'ils pensaient que la science française se trouvait «au-delà de la réforme». «La recherche française a besoin de simplification, de cohérence et de transparence», a répondu Mme Royal, et a ajouté que l'Agence nationale de la recherche devait encourager la multidisciplinarité et les partenariats entre les secteurs public et privé, ainsi que la coopération internationale. M. Sarkozy souligne son propre rôle dans la mise en oeuvre de l'Agence nationale de la recherche, et ajoute qu'il aimerait renforcer la qualité de ses procédures d'évaluation et tripler le financement des projets de recherche. Quant à M. Bayrou, son premier objectif serait de réinstaurer la recherche en tant que priorité dans l'agenda politique. Les candidats ont également été interrogés quant à leur stratégie pour la réforme du système universitaire français. «Dès le lendemain des élections, je serai prêt à lancer une réforme majeure dans les universités françaises visant à leur offrir beaucoup plus d'autonomie», déclare M. Sarkozy, et il ajoute que ces nouvelles libertés comprendront la possibilité de recrutement, de fixation des salaires et de diversification des ressources de financement. Pour M. Bayrou, la priorité sera donnée à la promotion d'une augmentation des dépenses effectuées par étudiants à la moyenne de l'OCDE ou plus haut et à la modification du fonctionnement des universités, alors que Mme Royal appelle à une «utilisation rationnelle et optimale des ressources fondée sur l'évaluation» et à des conditions de travail plus favorables pour tous les chercheurs. En ce qui concerne l'innovation, Mme Royal déclare que «l'innovation a stagné en raison du manque de soutien à la recherche fondamentale». M. Bayrou annonce qu'il renforcerait les départements de transfert de la technologie dans les instituts de recherche et propose que les droits d'auteur des brevets de chercheurs vivant en France soient exemptés d'impôts sur le revenu. De son côté, M. Sarkozy fait remarquer que le potentiel d'innovation d'un pays ne dépend pas seulement des incitations financières mais également de la qualité de la recherche et de sa diffusion.» Les trois candidats ont apporté leur soutien à la création de l'Espace européen de la recherche (EER). M. Bayrou a déploré que le financement au titre du septième programme-cadre (7e PC) ne soit pas plus important, et a appelé à une augmentation du budget afin que l'UE puisse maintenir ses politiques et ses obligations et «donne à la recherche l'impulsion dont elle a besoin». M. Sarkozy pense également que l'EER est essentiel à la mise en place d'une masse critique de chercheurs pour de grands projets et également en vue de promouvoir l'excellence à l'échelon européen. Mme Royal a également demandé une augmentation du financement de la recherche au niveau européen, et a proposé que les dépenses publiques dans la R&D soient exclues du Pacte de stabilité et de croissance. Elle a également exprimé son soutien au Conseil européen de la recherche et à la Charte européenne des chercheurs. La France a une longue histoire dans la recherche spatiale, et les candidats ont également dû se prononcer quant à leurs priorités respectives. Pour M. Bayrou, l'accent devrait être mis sur «la recherche fondamentale et l'exploration de l'Univers», ainsi que sur les systèmes GMES (Global Monitoring for Environment and Security - Surveillance mondiale pour l'environnement et la sécurité) et Galileo. De son côté, Mme Royal met la priorité sur le lancement de satellites d'observation de la Terre et des programmes internationaux pour les vols spatiaux humains. Quant à M. Sarkozy, il exprime sa volonté de créer une meilleure coopération européenne dans le domaine spatial, la France étant à la tête de cette coopération. Mme Royal et M. Bayrou, lorsqu'on leur a demandé s'ils avaient quelque chose à ajouter, ont souligné l'importance de la création d'un débat public sur la science. «La science ne peut se développer extérieurement ou en opposition à la société», déclare Mme Royal. «La mise en oeuvre d'une culture scientifique est essentielle et la société doit s'engager dans un débat sur les questions scientifiques.» «Les médias doivent bien informer le public des progrès scientifiques et technologiques», déclare M. Bayrou. «La société dans son ensemble pourra alors tirer profit des débats démocratiques.» Pour M. Sarkozy, la priorité est de placer les universités françaises parmi les dix meilleures, et d'inciter les chercheurs français travaillant à l'étranger à revenir dans leur pays natal.
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France