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Les latrines d'animaux primitifs nous renseignent sur le changement climatique

En essayant de comprendre la façon dont le climat a évolué au fil du temps, les scientifiques ont souvent étudié les carottes glaciaires, les sédiments lacustres et les cercles des arbres. Mais aujourd'hui des chercheurs de France et du Royaume-Uni UK ont découvert une autre r...

En essayant de comprendre la façon dont le climat a évolué au fil du temps, les scientifiques ont souvent étudié les carottes glaciaires, les sédiments lacustres et les cercles des arbres. Mais aujourd'hui des chercheurs de France et du Royaume-Uni UK ont découvert une autre ressource, quelque peu inhabituelle, qui fournit de nouvelles informations sur le changement climatique, notamment dans les zones les plus arides: les urines d'un animal primitif. L'équipe a reçu une subvention de la part du Conseil européen de la recherche (CER) pour mener cette étude. Le daman du rocher, une espèce courante que l'on trouve en Afrique et au Moyen-Orient qui ressemble à cochon d'Inde mais est en réalité de la famille des éléphants, prospère en général dans des zones à formations rocheuses, à grosses pierres ou falaises abruptes. Plus intrigant encore, les colonies de damans utilisent cette même zone pour faire leurs besoins. Les chercheurs de l'Institut des sciences de l'évolution de Montpellier (ISEM) en France et de l'université de Leicester au Royaume-Uni, UKqui font partie d'un groupe international, expliquaient que certaines de ces latrines communales ont été utilisées pendant des milliers d'années. Mais le plus intéressant est le produit final que l'on trouve sur les pierres. Une fois que les animaux ont fait leurs besoins satisfaits, les urines se cristallisent et forment des accumulations stratifiées appelées «tertres». Les chercheurs ont utilisé les dépôts d'urines dans les tertres afin d'enquêter sur le changement climatique à long terme. «Afin d'étudier les changements environnementaux passés, les scientifiques prélèvent généralement des échantillons provenant de dépôts trouvés dans les tourbières ou les lacs, dans lesquels la matière organique, qui peut être datée, est préservée», expliquait le Dr Andrew Carr du département de géographie à Leicester. «Mais dans des environnements arides tels que l'Afrique du Sud,cela est impossible. Heureusement, il semble que les urines du daman préservent la matière organique datant de dizaines de milliers d'années, qui fournit des informations remarquables sur les changements environnementaux passés au sein de l'habitat du daman.» L'équipe de Leicester a découvert des molécules organiques uniques contenues dans les tertres, dont des composants produits par le métabolisme des animaux et des molécules dérivées de plantes ayant été ingérées et digérées par des damans. Selon les chercheurs, les «biomarqueurs» ont permis d'éclaircir les types d'aliments consommés par ces herbivores, et par la suite l'environnement dans lequel ils vivaient. Les données offertes par les biomarqueurs ont donc permis à l'équipe de recomposer le puzzle sur la façon dont le climat de la région a changé au cours des 30 000 dernières années, et même offert des prévisions précises de quelques décennies à quelques siècles. «Les données paléoenvironnementales dans cette région étaient fragmentaires», déclarait le Dr Carr. «Les tertres fournissent des données terrestres uniques afin de les comparer à des données sur les profondeurs des océans, ce qui nous permet d'avoir beaucoup plus de détails quant à ce qui influence le changement climatique en Afrique. Il s'agit d'un environnement dynamique, et il semble que le climat de la région a changé de façon complexe pendant et après le dernier âge de glace mondial (il y a 20 000 ans).» Le Dr Carr expliquait que la prochaine étape, qui fait partie d'une nouvelle étude dirigée par le Dr Brian Chase de l'ISEM également à la tête de cette étude, consistera à comparer les données des tertres aux simulations sur les climats passés produits par des modèles informatiques de circulation générale (MCG) afin d'évaluer leur performance et de déterminer «la raison pour laquelle les climats ont ainsi changé». Les MCG servent à simuler les climats passés et à venir. La Fondation Leverhulme a également offert un financement à cette étude, qui a été présentée dans les revues Geology, Quaternary Research and Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology.

Pays

France, Royaume-Uni

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