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Des médicaments innovants à base d’or pour un traitement orienté anticancer

Les médicaments à base de métaux gagnent du terrain dans le traitement contre le cancer, en offrant des effets secondaires réduits et une résistance. Des chercheurs européens ont mis en place une stratégie pour la synthèse et la surveillance de la biodistribution des promédicaments à base d’or afin d’améliorer les options de chimiothérapie actuelles.

Santé

Le potentiel thérapeutique des composés à base de métaux n’est pas nouveau et remonte à l’antiquité grecque et chinoise. Les médicaments à base de platine, comme le cisplatine et ses dérivés, sont utilisés comme médicaments anticancéreux; il y a toutefois une demande croissante en composés alternatifs à base de métaux, dont la cytotoxicité et la pharmacocinétique seraient renforcées et les effets secondaires réduits.

De nouveaux composés à base d’or

Entrepris avec le soutien du programme Marie Skłodowska-Curie (MSC), le projet PhoRAu a développé des composés à base d’or (III) décoré de radioisotopes. Les chercheurs voulaient comprendre quand et comment les promédicaments à base d’or (III) sont convertis en médicaments à base d’or (I). «En effet, cette classe prometteuse de molécules peut générer de nouveaux mécanismes de cytotoxicité, car ils peuvent potentiellement subir une réduction contrôlée en composés à base d’or (I) dans les compartiments cellulaires», explique Alessio Terenzi, titulaire d’une bourse de recherche MSC. Les chercheurs voulaient combiner le traitement avec des capacités d’imagerie. Ils ont donc marqué les promédicaments à base d’or avec de l’iodure radioactif. Cela a permis de surveiller la biodistribution du promédicament in vivo par tomographie par émission de positrons (TEP), de la même manière que le glucose marqué au fluorure radioactif utilisé pour l’imagerie des tumeurs en oncologie. Contrairement aux stratégies traditionnelles où les radionucléides sont fixés par covalence aux molécules organiques, les scientifiques de PhoRAu ont utilisé la réactivité inorganique pour procéder au marquage. Fait important, cette réaction inorganique simple entre l’iodure radioactif et l’or (I) a abouti à la formation du promédicament à base d’or (III) qu’ils souhaitaient produire. Ils ont également étudié les propriétés thermodynamiques, cinétiques et d’oxydoréduction de ces complexes à base d’or (III) dans une solution aqueuse et en présence de molécules biologiques. Des études sur la biodistribution de ces promédicaments à base d’or (III) a permis aux chercheurs de surveiller le processus de réduction de l’or in vivo et de comprendre la métabolisation et l’activation des complexes à base d’or (III). À la suite de l’imagerie TEP, le promédicament à base d’or (III) s’est accumulé dans les principaux organes, comme les poumons, les reins et le foie, via la circulation sanguine. Étonnamment, le promédicament à base d’or (III) ne s’est pas immédiatement réduit à son analogue d’or (I), mais a atteint certains organes sous sa forme oxydée, fournissant ainsi de précieuses informations sur la thérapeutique à base d’or.

Dynamique du projet

À travers leur dérivés radioactifs à base d’or, les chercheurs du projet PhoRAu ont réussi à ajouter une fonctionnalité d’imagerie à leurs promédicaments candidats à base d’or et à guider le traitement à travers l’imagerie TEP. «Notre stratégie contourne une limite intrinsèque des médicaments à base de métaux qui ne peuvent rarement être surveillés en temps réel in vivo», souligne Alessio Terenzi. De façon significative, la méthode est basée sur un concept de marquage original qui peut trouver des applications supplémentaires dans le marquage d’autres médicaments anticancéreux. En outre, les données sur les interactions entre les espèces d’or (III) et d’or (I) in vitro et in vivo ont révéler le mécanisme d’action de cette famille de médicaments candidats anticancéreux. Les études sur la biodistribution in vivo de ces complexes à base d’or se font encore rares et le travail entrepris par le projet PhoRAu dans ce domaine est donc novateur. Même si l’application clinique de ces composés candidats ne se produira pas avant plusieurs années, Alessio Terenzi est convaincu que leur «approche sera une source d’inspiration pour les autres et aboutira au développement de médicaments qui finiront par faire l’objet d’essais cliniques».

Mots‑clés

PhoRAu, or, médicaments à base de métaux, cancer, iodure radioactif, marquage, imagerie TEP, traitement photodynamique

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