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En vedette - La Lettonie, terre des progrès innovants

La Lettonie est un pays d'extrêmes, comme le montre notamment son économie. Au cours de la dernière décennie uniquement, cet État baltique de 2,2 millions d'habitants a connu le taux de croissance économique le plus élevé d'Europe mais aussi sa plus grande récession, parallèlement à l'inflation la plus élevée du continent et à sa plus grande déflation. Après cette grave crise économique en 2008-2009, la Lettonie est aujourd'hui de nouveau l'une des économies les plus florissantes de l'Union européenne, soutenue par une forte demande domestique et des exportations vers d'autres économies en pleine croissance du Nord et de l'Est de l'Europe.

Économie numérique icon Économie numérique

Sur une base presque entièrement agraire, la Lettonie développe progressivement une industrie haute technologie, avec toute une gamme de projets innovants montrant des progrès rapides dans la bonne direction. La majeure partie de l'innovation pionnière dans le pays est menée par l'université de Lettonie, qui coordonne actuellement ou participe à une vaste gamme de projets financés par l'UE. Parmi ces derniers, citons le projet QCS (1), qui devrait avoir d'importantes implications pour l'avenir de l'informatique. Coordonné par Andris Ambainis, un professeur de physique et mathématiques, ce projet d'une durée de trois ans cherche à fournir des réponses à deux questions clés dans le domaine de l'informatique quantique: quelles sortes de problèmes un ordinateur quantique (potentiellement beaucoup plus puissant que tout ce que nous connaissons aujourd'hui) pourra-t-il résoudre? Et est-il possible d'en construire un? «Nous avons encore beaucoup à apprendre avant de pouvoir construire un ordinateur quantique utilisable, mais la recherche dans de nouveaux domaines d'applications est un facteur de motivation important», fait remarquer l'équipe de QCS. «Les scientifiques informatiques et mathématiciens examinent de nouvelles applications, se concentrent notamment sur les tâches spécifiques qu'un ordinateur quantique peut exécuter de façon plus efficace qu'un ordinateur ordinaire.» L'université lettone est également impliquée dans d'autres domaines de recherche pouvant probablement avoir un impact encore plus immédiat. Aux côtés du ministère letton de l'enseignement et la science, l'institut de mathématique de l'université a participé au projet Osiris (2), qui vise à aider les pays européens à établir une approche coordonnée pour les investissements à grande échelle dans les infrastructures de recherche transnationale sur les TIC. En donnant des conseils politiques détaillés aux preneurs de décisions quant aux différents types d'infrastructures et aux questions à prendre en compte dans leur planification et élaboration, Osiris a mené à une meilleure coordination de la recherche dans des domaines aussi divers que l'informatique haute performance, la nanoélectronique et l'Internet du futur. Parallèlement, dans le projet Geo-Seas (3), la faculté de géographie et des sciences de la terre de l'université de Lettonie étend l'accès des chercheurs à l'information sur les mers et l'environnement marin d'Europe. L'initiative, à laquelle participent 30 organisations dans 17 pays, s'appuie sur des données et produits liés aux données marines géologiques et géophysiques obtenus à partir d'enquêtes géologiques nationales et auprès des instituts de recherche de toute l'Europe. Elle fournira donc une nouvelle infrastructure électronique interconnectant diverses ressources scientifiques et infrastructures existantes et donnant aux chercheurs un accès facile à une mine d'or de données relatives à l'environnement, aux espèces et à la géographie. «Les utilisateurs peuvent identifier, localiser et accéder à des ensembles de données marines géologiques et géophysiques ainsi qu'à des produits liés aux données dérivées détenues par les centres de données... Cela créera une infrastructure conjointe couvrant les données marines océanographiques et géoscientifiques», explique l'assistante coordinatrice du projet Helen Glaves. La science utilise de plus en plus les «big data» («avalanche de données»), aussi l'accès à de telles ressources ne cesse de croître. Un œil tourné vers l'avenir d'Internet Alors que Geo-Seas se concentre actuellement à améliorer l'accès aux données par le biais d'Internet, l'objectif d'un autre projet avec des participants lettons est de poser les bases d'un Internet du futur dans lequel les services, ainsi que les informations, pourront être facilement déployés et seront accessibles et gérables en ligne. Dans l'initiative Choreos (4), l'institut sociotechnique du génie des systèmes de l'université des sciences appliquées de Vidzeme propose son expertise en simulation afin de relever certains des enjeux principaux de l'Internet des services du futur. L'objectif est de fournir une architecture qui soutient les solutions logicielles à très grande échelle (ULS - Ultra-large scale) décentralisées composées de services logiciels hétérogènes. «Nous pouvons trouver des exemples de ces nouveaux services dans des domaines tels que les soins de santé, les économies d'énergie, l'automatisation à domicile, les transports, la navigation automobile, les systèmes de gestion des flottes et ainsi de suite», explique le responsable du projet Hugues Vincent. «Imaginez que l'aéroport vers lequel vous vous rendez est fermé pour cause d'intempéries et que vous êtes redirigé(e) vers un aéroport différent - lorsque la solution Choreos est déployée, l'Internet des infrastructures de services du futur déclenchera toute une série d'ajustements automatiques: le nouvel aéroport et les bagagistes se préparent pour le vol, de nouvelles cartes d'embarquement sont imprimées pour toutes les éventuelles correspondances, les réservations de taxis et d'hôtels sont reprogrammés, etc. Ces services, autonomes et fournis dans tous les réseaux et les dispositifs connectés, seront pour la plupart invisibles pour l'utilisateur.» La société lettone Tilde, l'une des principales sociétés européennes de R&D et de localisation se spécialisant dans les langues les moins usitées, travaille sur le domaine aussi complexe de la traduction automatique. Dans le projet Accurat (5), Tilde a coordonné une équipe de chercheurs originaires d'Allemagne, de Grèce, de Croatie, de Roumanie, de Slovénie et du Royaume-Uni afin de développer de nouveaux outils et méthodes pour identifier et analyser des institutions comparables, ou des «corpus» de textes entre différentes combinaisons linguistiques, et notamment dans des domaines spécifiques, dans un effort d'améliorer la technologie de traduction automatique. «L'applicabilité des méthodes actuelles axées sur les données dépend directement de la disponibilité de grandes quantités de données de corpus parallèles. C'est pourquoi la qualité des traductions réalisées par des systèmes de traduction automatique axées sur les données varie considérablement, allant d'assez bien pour les combinaisons linguistiques disposant de larges corpus disponibles (par exemple, l'anglais et le français) à pratiquement inutilisables pour les langues disposant de très peu de ressources et des domaines très spécialisés où peu de données sont disponibles (par exemple le letton et le croate)», explique l'équipe Accurat. Tilde participe depuis au projet TAAS (6), qui porte sur la création d'une plateforme basée sur le nuage pour l'acquisition, le nettoyage, le partage et la réutilisation des données terminologiques multilingues, que l'équipe décrit comme l'une des ressources linguistiques les plus importantes des milieux industriels et universitaires ainsi que de la société en général. Dans ce projet, les chercheurs développeront notamment une technologie couvrant toutes les langues officielles de l'UE et évaluant les besoins en terminologie des utilisateurs humains et machine. Le logiciel du projet permettra aux utilisateurs de télécharger des documents à partir desquels les termes nécessitant une traduction potentielle seront extraits. Les traductions de ces termes seront par la suite associées à des bases de données internes, acquises à partir de bases de données externes, voire exportées à d'autres utilisations et bases de données qui en ont besoin. Ainsi, les traducteurs pourront se reposer sur les outils logiciels qui peuvent même aider avec une terminologie spécialisée dans les langues minoritaires. --- Les projets présentés dans cet article étaient tous soutenus par le septième programme-cadre de recherche (7e PC). (1) QCS: Quantum Computer Science (2) Osiris: Towards an open and sustainable ICT research infrastructure strategy (3) Geo-Seas: Pan-european infrastructure for management of marine and ocean geological and geophysical data (4) Choreos: Large Scale Choreographies for the Future Internet (5) Accurat: Analysis and evaluation of comparable corpora for under resourced areas of machine translation (6) TAAS: Terminology as a Service Liens aux projets sur CORDIS: - Le 7e PC sur CORDIS - QCS sur CORDIS - Osiris sur CORDIS - Geo-Seas sur CORDIS - Choreos sur CORDIS - Accurat sur CORDIS - TAAS sur CORDIS Autres liens: - Site web de la stratégie numérique de la Commission européenne