Un festival britannique appelle à une implication accrue du public dans la science
Les scientifiques, l'industrie et le monde politique doivent communiquer plus efficacement avec le public dans le domaine de la science et des technologies émergentes. C'est le message qui a été adressé le 6 septembre dernier aux participants du Festival de la science organisé par la British association for the advancement of science (BA). Mettant en avant la nouvelle ligne de conduite du gouvernement relative à la thématique science et société, le ministre britannique de la science et de l'innovation, Lord Sainsbury, a affirmé que la science est essentielle à la prospérité et que les nouvelles technologies profitent à la société dans son ensemble. Il a toutefois prévenu que ces technologies soulèvent aussi de nouvelles préoccupations en matière d'éthique, de sécurité, de santé et d'environnement qui doivent être débattues pleinement avant leur commercialisation. "Si les nouvelles technologies sont à l'origine d'opportunités stimulantes, elles soulèvent également des inquiétudes et des craintes", a déclaré Lord Sainsbury. "L'actualité de la thématique science et la société consiste à mener une série de débats globaux qui aborderont les incidences éthiques, sécuritaires, sanitaires et environnementales des technologies émergentes." "Les scientifiques, l'industrie et le monde politique d'une part, et le public d'autre part, doivent tenir compte et débattre dans une bien plus large mesure des questions de réglementation soulevées par les nouvelles technologies", a-t-il ajouté. L'opinion du ministre a été relayée par le professeur Dame Julia Higgins, présidente de la BA. D'après le professeur Higgins, le public maîtrise peu les usages qui sont faits de la science et doit endurer toutes les conséquences nuisibles de ses applications alors qu'il a fourni initialement les fonds pour financer la science. "Il existe une discordance entre les risques posés et leur contrôle et si l'on en croit bon nombre des témoignages exprimés aujourd'hui dans les médias, le public éprouve un malaise grandissant face à cette discordance", a déclaré le professeur Higgins. "Nous ne pouvons pas organiser un référendum sur le financement de chaque nouveau projet de recherche, [pourtant] il me semble que nous devons trouver de nouveaux moyens d'intégrer les préoccupations du public à ce processus en encourageant un débat sérieux sur des questions scientifiques sérieuses. Ainsi, l'avis du public pourra éclairer les décisions politiques et commerciales prises en son nom", a-t-elle ajouté. Ces débats, estime le professeur Higgins, contribueraient à éviter que l'hostilité manifestée par le public à l'encontre des organismes génétiquement modifiés ne se reproduise avec la nanotechnologie, son domaine de compétence particulier. S'appuyant sur sa propre expérience, le professeur Higgins a révélé qu'initialement, elle pensait que la nanotechnologie ne susciterait aucune réaction: "Je me disais: c'est tout simplement de la chimie et des matières inertes; où est le danger? Et je n'ai pas pensé un instant qu'il s'agissait de particules réduites, bien plus petites que celles qui sont généralement libérées dans l'atmosphère. [.] Alors, vous vous dites: ne devrions-nous pas envisager l'éventualité d'un problème avant qu'il n'apparaisse, et certainement avant que quelqu'un d'autre ne soulève ce problème? Il est utile de tenir un débat rapidement." "Ce n'est qu'en menant un véritable débat reconnaissant les risques et saluant les bienfaits potentiels des nouvelles connaissances que nous pourrons préserver le respect et la confiance de la société et rétablir ce respect et cette confiance là où ils ont été écornés", a conclu le professeur Higgins. Dans le contexte des efforts consentis par le gouvernement britannique pour encourager une implication accrue du public dans la science, Lord Sainsbury a annoncé la mise en ouvre d'un nouveau projet de 1,75 million d'euros visant à faciliter un dialogue entre les scientifiques et le public. Les subventions soutiendront les projets dans le cadre desquels le gouvernement a défini les secteurs essentiels de la science et de la technologie: les systèmes informatiques de plus en plus intelligents; la nanotechnologie; la compréhension des processus cérébraux; la recherche animalière et médicale, l'énergie et le changement climatique; et la fiabilité et la sécurité de l'utilisation des technologies de l'information et de l'internet.
Pays
Royaume-Uni