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Du bois aux aliments pour poissons: Comment transformer les résidus de la sylviculture en aliments pour animaux

Des chercheurs et des experts de cette industrie ont mené des essais sur des aliments pour poissons avec une protéine dérivée du bois. Cette technologie aidera à sécuriser la croissance de l’aquaculture.

ALIMENTATION ET RESSOURCES NATURELLES

Progrès scientifiques

© Te Berrie, Shutterstock

La demande ininterrompue pour une alimentation riche en protéines et pour la nutrition a mis en lumière l’importance de la pêche et de l’aquaculture. Un rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture prévoit que la croissance démographique humaine entrainera une hausse de la consommation de poissons d’environ 1,2 % chaque année sur les dix prochaines années. On estime que la production de poissons et de produits à base de poissons dépassera les 200 millions de tonnes d’ici 2030. Cependant, le processus de production des ingrédients des aliments pour poissons, dont la farine de poisson et les alternatives de protéines d’origine végétale telles que le soja, a des incidences significatives sur l’utilisation des terres et de l’eau, et sur les émissions de gaz à effet de serre. Il contribue au changement climatique et à la perte de biodiversité. Avec de tels défis et une hausse des préoccupations concernant la sécurité alimentaire, l’utilisation de sources durables de protéines dans l’alimentation animale, dont les aliments pour poissons, devient plus attrayante. Soutenus par le projet SYLFEED, financé par l’UE, les chercheurs et les partenaires industriels ont mené des études scientifiques démontrant l’efficacité de SylPro en tant qu’ingrédient protéique alternatif utilisé dans les aliments pour poissons.

Du bois à l’alimentation (Wood to food)

Dans un communiqué de presse, le Dr Ricardo Ekmay, vice-président de Nutrition pour le compte d’Arbiom, coordinateur du projet, a indiqué: «Les résultats de ces études marquent une étape décisive et prometteuse dans la validation de l’efficacité de SylPro, tandis que nous poursuivons le développement de la plateforme d’Arbiom, à savoir Wood to Food, et que nous lançons notre premier produit commercial sur le marché.» Ce même communiqué de presse décrit les caractéristiques du produit: «SylPro est une protéine d’organismes unicellulaires (POU) de levure, qui est produite à l’aide de supports dérivés du bois dans la fermentation et le traitement en aval final pour atteindre les propriétés adéquates d’une substitution viable à la farine de poisson ou aux concentrés de protéines végétales.» Selon ce même communiqué de presse, des premiers tests évaluant la manutention de matériaux de SylPro ont démontré «sa bonne performance dans une série de conditions d’extrusion à des niveaux variants d’inclusion dans l’alimentation extrudée». Un autre essai a examiné la performance nutritionnelle de SylPro sur le bar rayé hybride en utilisant des aliments qui incorporaient cet ingrédient hautement protéique à des taux d’inclusion différents. «La croissance (le poids corporel), la composition corporelle, la digestibilité des nutriments et la santé gastro‑intestinale générale ont été évaluées sur une période de 60 jours. Les résultats de cette étude n’ont montré aucune différence concernant la mortalité ou la ration alimentaire parmi tous les régimes.» Dans l’ensemble, cette étude en conclut que SylPro peut être utilisé en tant qu’alternative à la farine de poisson ou aux protéines d’origine végétale pour l’alimentation du bar rayé hybride, afin de lui apporter la performance nutritionnelle équivalente, à l’instar des sources de protéines conventionnelles jusqu’à 20 % des niveaux d’inclusion. Les partenaires du projet espèrent que cet ingrédient alimentaire hautement protéique «pourra être utilisé avec le saumon, le tilapia, la truite arc‑en‑ciel, le bar rayé hybride, le cochon de lait et le porcelet sevré, ainsi que dans l’alimentation des animaux domestiques», comme indiqué dans une fiche d’information. La hausse de l’autosuffisance de l’Europe concernant la production de protéines est l’un des objectifs clés du projet SYLFEED (From forest to feed: enable the wood industry to bridge the protein gap) en cours. Comme indiqué sur le site web du projet, l’Europe importe 70 % des protéines requises pour l’alimentation des animaux. «Ce nombre a été stable au cours des 40 dernières années, et il signale un déficit européen chronique en protéines.» Les partenaires de SYLFEED espèrent améliorer l’échelle pilote et valider le processus de bioraffinage qui convertit la lignocellulose – la biomasse non alimentaire provenant du bois – en POU adapté à la formulation des aliments pour poissons. Pour plus d’informations, veuillez consulter: site web du projet SYLFEED

Pays

France