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Une nouvelle approche pour traiter la sclérose en plaques

Les approches actuelles pour traiter la sclérose en plaques présentent un risque d’effets secondaires graves. Un groupe de chercheurs de l’UE examine donc l’utilisation de l’optogénétique comme possible nouveau traitement de cette maladie.

Santé

La sclérose en plaques (SEP) est une maladie chronique qui attaque le système nerveux central, soit le cerveau et la moelle épinière. Il s’agit de la maladie démyélinisante la plus fréquente; selon les estimations, il y a 700 000 cas en Europe et 2,3 millions dans le monde. Même si certaines personnes atteintes de SEP manifestent des symptômes très légers, jusqu’à 60 % seront incapables de marcher sans assistance 20 ans après l’apparition de la maladie. Pour nombre de ces patients, le traitement consiste à recevoir de manière continue des injections hebdomadaires qui ont des effets secondaires considérables, ou à l’administration de traitements oraux très coûteux. L’une des approches alternatives qui commencent à apparaître pour traiter la SEP est l’optogénétique, un domaine qui avance rapidement grâce au projet OPTOGENERAPY, financé par l’UE. «Grâce à l’optogénétique, il a été possible d’améliorer notre compréhension de la maladie de Parkinson, du diabète insulinodépendant et de troubles similaires, et son potentiel en tant que thérapie cellulaire sûre a déjà été examiné», explique Biotza Gutiérrez, gestionnaire de projet à Eurecat et coordinatrice du projet OPTOGENERAPY. «Dans le cadre de ce projet, nous visons à adopter cette même approche à la sclérose en plaques.»

Réduire les effets secondaires et augmenter la qualité de vie

L’optogénétique est une nouvelle technique utilisée pour contrôler les cellules mésenchymateuses immortalisées en combinant la lumière et l’ingénierie génétique. «Pour utiliser cette technologie, les cellules doivent d’abord être génétiquement modifiées, afin de devenir photosensibles», explique Mme Gutiérrez. «Lorsqu’elles sont éclairées avec la bonne longueur d’onde de la lumière, ces cellules s’activent et fonctionnent comme prévu.» Le projet OPTOGENERAPY s’est concentré sur la création d’un dispositif implantable contenant des cellules. Celles-ci ont été génétiquement modifiées pour produire une protéine, l’interféron bêta (IFN-β) recombinant, lorsqu’elles sont activées par des stimuli de lumière proche infrarouge. L’IFN-β est un anti-inflammatoire utilisé pour traiter la SEP et est administré par des injections intramusculaires ou sous-cutanées. Selon Mme Gutiérrez, l’implant est activé à l’aide d’un contrôleur externe qui génère un champ magnétique. Ce champ est ensuite transféré sans fil au circuit optoélectronique de l’implant, où il est transformé en signal qui alimente la source de lumière de l’implant. Par la suite, la source de lumière produit suffisamment de lumière pour activer les cellules. «Le résultat est une administration continue et plus contrôlée de l’IFN-β», ajoute Mme Gutiérrez. «Nous espérons que cela permettra de réduire les effets secondaires les plus fréquents provoqués par les traitements actuels de la SEP et, à terme, d’augmenter la qualité de vie des patients atteints de SEP.»

Une importante percée dans le traitement de la SEP

Au cours du projet, les chercheurs ont développé et testé avec succès un prototype chez des modèles animaux de SEP. Les tests ont été effectués conformément à toutes les normes et les règlements gouvernant ce type de procédures et approuvés par un comité d’éthique impartial. «La technologie développée dans le cadre de ce projet est susceptible de programmer une cellule pour qu’elle secrète le médicament nécessaire directement au patient», fait remarquer Mme Gutiérrez. «Ainsi, elle représente une percée importante dans le traitement de la SEP et pourrait être également appliquée à d’autres traitements à base de protéines.» De fait, le potentiel de l’optogénétique est si important que la revue «The Scientist» l’a incluse dans sa liste des avancées les plus remarquables de 2014. Sur la base des résultats du projet, les chercheurs vont de l’avant avec une version du dispositif destinée aux personnes et le début des essais cliniques. Cela implique de faire avancer la technologie pour créer un dispositif implantable capable de fonctionner non seulement comme un dispositif d’administration de médicaments, mais également comme un biocapteur.

Mots‑clés

OPTOGENERAPY, sclérose en plaques, SEP, optogénétique, maladie démyélinisante, thérapie cellulaire, ingénierie génétique

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