Évaluation des risques liés aux dommages à l'ADN
La présence d'adduits d'éthéno-ADN, sorte d'anomalies sur la surface des molécules d'ADN qui seraient provoquées par un stress oxydatif, pourrait être le signal de début de la malignité de nombreux cancers de l'homme. Jusqu'ici, les acides gras de l'alimentation étaient considérés comme la principale cause de formation d'adduits d'éthéno-ADN. De nouvelles données penchent toutefois en faveur d'un lien entre les modifications du métabolisme de l'oestrogène et les adduits d'éthéno-ADN. Des recherches menées par le DKFZ (centre allemand de recherche sur le cancer) sur des échantillons prélevées sur des femmes préménopausées ont mis en évidence d'importantes corrélations entre différents types d'adduits d'éthéno-ADN, ainsi que des niveaux extrêmement variables de 4-hydroxy-E2. La variabilité du 4-hydroxy-E2, le principal oestrogène de la catéchine, pourrait sous-entendre l'existence d'un lien entre le métabolisme de cet oestrogène et les dommages à l'ADN prenant la forme d'adduits d'éthéno-ADN. Cet enchaînement d'événements jouerait un rôle dans l'étiologie du cancer du sein. Malgré les résultats positifs émanant du DKFZ concernant le potentiel de détection précoce du cancer, la quantification des taux d'adduits d'éthéno-ADN dans les échantillons de sang reste un problème. Le DKFZ a entrepris d'autres travaux sur cet aspect du projet et a mis au point une méthode de détection ultra-sensible des adduits d'éthéno-ADN. Cette méthode repose sur la formation d'un type supplémentaire d'adduit au sein du laboratoire. Les chercheurs ont constaté que les niveaux de cet adduit dans les cellules présentaient une corrélation positive avec la présence d'adduits d'éthéno-ADN. Il convient toutefois de noter que les niveaux d'adduits d'éthéno-ADN sont d'un ordre de magnitude inférieur. En d'autres termes, la méthode permet de déceler des niveaux comparativement faibles d'adduits d'éthéno-ADN grâce à la détection de niveaux élevés corrélés des adduits d'ADN supplémentaires. Les découvertes faites dans le cadre des recherches confortent l'existence d'une relation implicite entre les adduits d'éthéno-ADN, les dommages à l'ADN et le développement de cancers. Ces connaissances pourraient être utilisées en vue de développer de nouveaux diagnostics dans le domaine du cancer.