De nouvelles données pour jeter la lumière sur le mystère des prions
Le mécanisme d'action des PrP reste obscur, une situation encore compliquée par le fait que des PrP sains sont produits par les neurones. Les PrP cellulaires naturels et les PrP pathogéniques présentent certaines différences structurelles, mais même la fonction des PrP cellulaires n'a pas encore été élucidée. Le projet PRP AND NEURODEGENER financé par l'UE a entrepris d'établir le lien entre les PrP, le stress oxydatif et le métabolisme des ions dans les neurones. Les données provenant de recherches existantes donnent à penser que les PrP pourraient jouer un rôle dans le transport et/ou le métabolisme des ions dans ou à travers les cellules. Un des partenaires du projet, le Centre National de Recherche Scientifique, a étudié l'impact des PrP sur le métabolisme des ions et le stress oxydatif et la manière dont ces événements sont liés. Les chercheurs ont en outre tenté d'élaborer une hypothèse quant au rôle joué par ces événements dans l'apparition d'une neurodégénération. Les études menées dans le cadre du projet ont montré que le stress oxydatif pouvait provoquer un déséquilibre de l'homéostase des ions de cuivre. Ce déséquilibre montre des signes de correction en présence de PrP, ce qui donne à penser que les PrP joueraient un rôle particulier dans l'homéostase métallique. Les propriétés antioxydantes des PrP ont été identifiées par le passé. On pense aujourd'hui que la protéine joue un rôle clé dans la stabilisation des niveaux d'ions de cuivre dans des situations de stress oxydatif. La mise en lumière du rôle des PrP des cellules saines est une première étape capitale en vue d'établir la pathologie des PrP dans les neurones infectés. C'est probablement la seule façon d'arriver à un traitement efficace des EST dans toutes les espèces mammifères touchées, d'où l'extrême importance de ces recherches.