Le réseau EUREKA renforce ses liens avec l'UE
La Slovénie se prépare à céder la direction d'EUREKA au Portugal, le 1er juillet, et est convaincue qu'elle va laisser un héritage durable. Parmi les réussites notables, citons le renforcement des liens de coopération entre EUREKA et l'UE, grâce à des initiatives comme le programme Eurostars et les initiatives technologiques conjointes (ITC). Fondé en 1985, EUREKA est un réseau intergouvernemental destiné à développer la recherche pilotée par l'industrie en s'affranchissant des frontières en Europe. En l'espace de 23 ans, le réseau a enregistré une série de succès dans l'aide apportée aux entreprises, notamment les PME, afin de commercialiser rapidement les résultats de la recherche. Cependant, «EUREKA a récemment connu une baisse de régime», explique Ales Mihelic, directeur général du ministère slovène de l'enseignement supérieur, de la science et de la technologie, et président du Groupe de haut niveau d'EUREKA dans le cadre de la présidence slovène d'EUREKA. «En tant que représentant de haut niveau de la Slovénie depuis près d'une décennie [...] j'ai été impliqué à tous les niveaux et ai clairement ressenti la nécessité de rendre le réseau plus proactif», souligne-t-il. En conséquence, l'une des premières priorités de la présidence slovène a consisté à définir une nouvelle stratégie pour le réseau. Cette dernière avait pour but d'accroître la présence d'EUREKA ainsi que le nombre de ses membres, et cherchait également à renforcer les synergies entre les activités du réseau et l'UE. Dans ce domaine, l'un des succès notables de la présidence slovène a été le lancement du programme Eurostars, une initiative commune entre EUREKA et l'UE, d'une durée de six ans, et dédiée à la recherche et au développement à hauts risques dans les PME. L'UE soutient l'initiative à l'aide d'une bourse de 100 millions d'euros accordée au titre du septième programme-cadre (7e PC); d'autre part, un montant supplémentaire de 300 millions d'euros sera versé par les 27 pays participant à l'initiative. Ces investissements mobiliseront en retour un montant équivalent en financements privés, pour un budget total de 800 millions d'euros. «Chacun [l'UE et EUREKA] a ses avantages et ses forces, et le meilleur se retrouve probablement dans ce programme Eurostars», déclarait à CORDIS Nouvelles Janez Potocnik, le commissaire européen en charge de la science et de la recherche. Il expliquait que la souplesse et la proximité du marché sont des atouts bien connus d'EUREKA, et qu'ils sont associés avec les garanties de l'UE en matière de financement, de sélection efficace et de processus d'évaluation. «L'important n'est pas de savoir si les activités sont intergouvernementales ou communautaires, mais d'associer les points forts.» Ce programme permettra d'éviter la duplication, ce qui constitue l'un objectif premier de l'Espace européen de la recherche (EER), ajoutait le commissaire. L'approbation par le Conseil européen de la contribution financière de la Communauté est toujours en attente, mais le secrétariat d'EUREKA a déjà commencé à sélectionner un premier ensemble de 133 projets en vue de leur financement. Ce processus devrait être terminé d'ici la fin de l'été, déclarait à CORDIS Nouvelles Luuk Borg, le directeur du secrétariat d'EUREKA. La présidence slovène s'est également attachée à améliorer la communication entre les grandes initiatives à long terme d'EUREKA (les «Clusters») concernant leur implication dans les initiatives technologiques conjointes (ITC) de l'UE, afin de préparer la voie à davantage de synergies entre les deux ensembles d'initiatives. «EUREKA participe aux ITC depuis le tout début», explique Rudolf Haggenmüller, président du cluster ITEA (Information Technology for European Advancement). Par exemple, le Cluster ITEA 2 d'EUREKA est impliqué dans les systèmes d'informatique embarquée ARTEMIS; d'autre part, MEDEA+, le plus vaste cluster d'EUREKA, participe très largement à l'ITC ENIAC sur la nanoélectronique. Les membres industriels du réseau ont contribué aux programmes stratégiques de recherche de ces ITC lorsqu'il ne s'agissait encore que de plateformes technologiques européennes (PTE), et aujourd'hui, de nombreux membres du conseil des Clusters sont aussi membres du conseil dans les ITC, souligne M. Haggenmüller. «La Slovénie a réussi à améliorer la communication entre les cinq Clusters d'EUREKA», souligne M. Haggenmüller. Elle a établi une structure dans laquelle les membres du conseil de chacun des Clusters peuvent se rencontrer et partager leurs expériences. «Cette situation est absolument sans précédent», ajoute-t-il. M. Haggenmüller considère que ce nouveau forum consacré au dialogue aidera les Clusters intéressés par une participation aux ITC, par exemple le Cluster de télécommunications CELTIC, à tirer parti des réussites et des erreurs des Clusters déjà impliqués. S'exprimant lors de la clôture de la XXIIIe session de la conférence ministérielle d'EUREKA, qui s'est tenue le 6 juin à Ljubljana (Slovénie), José Mariano Gago, ministre des sciences, des technologies et de l'enseignement supérieur du Portugal, a remercié la présidence slovène pour l'importance des initiatives entreprises. La présidence portugaise prônera une politique de continuité, a-t-il déclaré. L'accent sera mis sur le développement de la coopération internationale, une meilleure coordination avec les autres mécanismes de R&D internes à l'Europe, et l'accroissement de la visibilité d'EUREKA.