Comportement des molécules chaperon dans la maladie de Parkinson
La maladie de Parkinson est une dégénérescence du système nerveux central qui résulte d'un déficit de cellules générant de la dopamine dans le locus niger du cerveau moyen. La maladie se caractérise par l'accumulation d'alpha-synucléine (a-syn), une protéine qui finit par former des agrégats (corps de Lewy) dans les neurones. Des travaux récents ont révélé que les chaperons moléculaires (comme la protéine de choc thermique Hsp104) sont associés à l'agrégation. Cependant, on ignore encore comment Hsp104 peut protéger contre la toxicité de l'a-syn et comment il interagit avec elle au niveau moléculaire. Le projet Chaperones IN ND («The role of molecular chaperones in Parkinson's Disease») visait à élucider le mécanisme de réaction des chaperons moléculaires avec a-syn. D'un point de vue pathologique, il est particulièrement important de savoir comment ces protéines peuvent éviter ou éliminer la formation d'amyloïde et comment elles en modulent la structure et l'agrégation. Pour étudier les interactions entre a-syn et Hsp104, les scientifiques du projet ont généré des protéines caractérisées et recombinantes, et mis au point des tests pour les amyloïdes. Afin d'évaluer le rôle de l'ATP (adénosine triphosphate), ils ont conduit des tests avec une ATPase. Enfin, ils ont étudié les interactions entre protéines à l'aide de marquage par pigments fluorescents. Les chercheurs du projet Chaperones IN ND ont constaté que Hsp104 inhibe la formation d'amyloïdes en fonction de la concentration, car il bloque l'ensemencement des unités plus petites (des oligomères) lors de la formation de la structure amyloïde complexe. En outre, les résultats sont indépendants de l'ATP ainsi que de l'effet de protection contre le dépliement de la protéine de choc thermique. La maladie de Parkinson affectant principalement les personnes âgées, le vieillissement de la population européenne devrait se traduire par une augmentation de sa fréquence, et donc du coût des soins. L'identification des coupables au niveau moléculaire, ainsi que de leur mode d'action, est une première étape dans la mise au point de nouvelles thérapies.