L'inflammation, responsable de l'athérosclérose
La formation des plaques d'athérosclérose est la principale caractéristique des maladies coronariennes. Elles s'accumulent sur la paroi interne des artères coronaires après migration des cellules musculaires lisses et production de composants de la matrice extracellulaire (MEC). Ces évènements pro-inflammatoires recrutent alors des cellules immunitaires qui vont provoquer une inflammation importante et une thrombose. Les mécanismes moléculaires exacts responsables de la transformation d'un athérome silencieux en une plaque athéromateuse potentiellement mortelle sont cependant encore inconnus. En partant de l'hypothèse que l'inflammation constituait le principal déclencheur de cette transformation, les partenaires du projet IN-SMC («Smooth muscle cell transcriptomics and infectious agents»), financé par l'UE, ont entrepris de dévoiler les évènements débouchant sur le processus inflammatoire. Leurs travaux se sont plus particulièrement axés sur les modifications des cellules musculaires lisses et sur le rôle des bactéries buccales dans l'induction de l'expression des gènes inflammatoires. Dans ce cadre, les chercheurs ont isolé des cellules musculaires lisses de plaques athéromateuses et comparé leur expression génétique avec celle observée dans des cellules saines. Ils ont ainsi montré que les cellules musculaires lisses augmentaient leur métabolisme protéique en réduisant au contraire leur métabolisme lipidique. En outre, des bactéries comme Porhyromonas gingivalis ont été identifiées dans les abcès dentaires des patients. Les chercheurs ont montré que des aspirats d'infections périodontiques stimulaient la production de cytokine des cellules musculaires lisses, indiquant ainsi la capacité des bactéries buccales à activer directement les CML Les travaux du projet IN-SMC démontrent ainsi le rôle des bactéries buccales sur la stabilité de la plaque athéromateuse et éclairent d'un jour nouveau le processus de sa formation. L'identification des voies de signalisation altérées dans les cellules musculaires lisses pourrait à terme constituer la base de nouvelles interventions thérapeutiques.