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Un accès facile et gratuit à des informations sur les technologies et les produits novateurs en matière de biofertilisants

S’ils doivent se conformer à la nouvelle réglementation relative à l’utilisation d’engrais non durables au-delà de 2022, les agriculteurs vont avoir besoin de soutien. Le projet NUTRIMAN leur apporte une plateforme en ligne qui présente les nouvelles solutions, existantes ou à venir, susceptibles de faciliter la transition vers les biofertilisants.

Alimentation et Ressources naturelles

La majorité des terres agricoles européennes sont fertilisées à l’aide d’azote et de phosphore traités chimiquement. Ces engrais minéraux n’ont pas d’autres avantages hormis les chiffres qui les soutiennent. Ils provoquent une croissance des algues plus rapide que ce que les écosystèmes sont capables de supporter, polluent l’eau, sont fabriqués à partir de ressources non renouvelables et sont produits grâce aux énergies fossiles et en adoptant des processus à forte intensité d’eau. Le phosphore minéral (qui provient du phosphate naturel contenant du cadmium et de l’uranium, qui sont tous deux des métaux toxiques) figure également sur la liste des matières très importantes de l’UE qui risquent de faire l’objet d’une pénurie d’approvisionnement. Il est donc presque exclusivement importé et présente un taux de recyclage très faible. La conclusion est claire. Pour maintenir leurs entreprises à flot, améliorer la sécurité alimentaire, garantir la qualité constante des sols et préserver notre environnement, les agriculteurs devront à terme passer aux engrais biologiques. Mais de nombreux obstacles se dressent encore devant eux. La disponibilité d’engrais biologiques très concentrés et purs reste limitée, et un nouveau règlement européen réduisant la quantité de cadmium autorisée dans tous les engrais, y compris ceux d’origine biologique, entrera en vigueur en juillet 2022. Par ailleurs, les agriculteurs ont une connaissance des engrais biologiques et une confiance en ces produits très limitées. «Nous avons besoin de plus de confiance et de connaissances tout au long de la chaîne de valeur. Il est important que les agriculteurs comprennent les avantages réels des engrais biologiques et apprennent à les utiliser concrètement dans le cadre de leurs processus agricoles», déclare Edward Someus, ingénieur en recyclage et surcyclage chez 3R-BioPhosphate Ltd. Or, jusqu’à présent, les programmes de recherche fondamentale n’ont pas réussi à capter leur intérêt. Ils s’avèrent être davantage attirés par des innovations «prêtes à l’emploi» qui ont déjà fait leurs preuves dans des conditions de marché réelles.

Une plateforme web pour tous les agriculteurs

C’est là que le projet NUTRIMAN (Nutrient Management and Nutrient Recovery Thematic Network) entre en jeu. Depuis octobre 2018, 3R-BioPhosphate Ltd et d’autres acteurs de toute la chaîne de valeur travaillent sur une plateforme web gratuite qui a pour objectif de présenter aux agriculteurs les dernières innovations axées sur l’utilisateur. Cette plateforme met spécifiquement l’accent sur les solutions innovantes de récupération des nutriments azote/phosphore, qui sont essentielles à un modèle d’agriculture durable utilisant des engrais biologiques sûrs. «Notre plateforme répertorie et présente des technologies et des produits de récupération “prêts à l’emploi” en se concentrant sur les besoins les plus urgents des agriculteurs. La base de données est constamment enrichie et le restera jusqu’en 2031», explique Edward Someus. «Elle présente toutes les solutions juste avant ou peu après leur introduction sur le marché.» En répertoriant ces solutions novatrices, l’équipe a été surprise par le nombre relativement faible de technologies et de produits nouveaux, compétitifs et axés sur le marché, dépassant le TRL 6. Sur les plus de 600 projets invités, seuls 62 ont été répertoriés sur la plate-forme agricole NUTRIMAN à ce jour. Edward Someus s’attend à ce que ce nombre atteigne 100 d’ici septembre 2021. Un an avant sa fin prévue, NUTRIMAN a déjà contribué à l’adoption à grande échelle d’engrais azotés et phosphorés innovants et recyclés. Cela inclut, par exemple, une technologie par pyrolyse à zéro émission (3R Recycle-Recover-Reuse) permettant de recycler le phosphore des os d’animaux de qualité alimentaire à l’échelle industrielle. «Le biophosphate qui en résulte ne contient aucun produit chimique ou contaminant et présente une densité de nutriments P2O5 pouvant atteindre 35 % tout en étant sûr, bon marché et efficace», note Edward Someus. En ce qui concerne l’azote, un autre exemple est la technologie Poul-AR® qui permet la production de sulfate/nitrate d’ammoniac à partir de fumier de volaille. L’équipe du projet espère toucher plus de 1,5 million d’agriculteurs entre 2019 et 2021 et bien d’autres dans les dix années à venir. En ne cessant de mettre à jour la base de données de leur plateforme, Edward Someus et ses collègues apporteront sans aucun doute un soutien majeur aux agriculteurs en répertoriant des solutions avec un impact économique élevé et en ligne avec les actions prévues par le nouveau règlement européen sur les produits fertilisants au-delà de 2022.

Mots‑clés

NUTRIMAN, biofertilisant, durable, exploitation, agriculture, plateforme en ligne, biophosphate, phosphore, azote

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